Voir Compl. rend. Acad. sciences, t. GX, p
LES PTOMAÏNES
Elle ne me paraît pas posséder les caraclères des bases liydropyridiques.
Base i/mommée G'"H''^Az.
Une base répondant à la formule C7°H"Az a été retirée,
en 1887, par Guaresclii, des produits de la fermentation
bactérienne, prolongée durant 8 à 9 mois, de la librine de bœuf.
C'est une base oléagineuse soluble dans le chloroforme. Son odeur, plutôt agréable, rappelle légèrement celle des bases pyridiques. Sa réaclion est fortement alcaline. Elle se dissout un peu dans l'eau. Elle fournit, après saturation par l'acide chlorhydrique, les réactions ordinaires des alcaloïdes. Le chlorure d'or donne un chloraurale jaune cristallin peu soluble qui se réduit facilement. Le chlorure de platine forme un précipité couleur chair confusément cristallisé, (G'" ir^" Az, I-lGl)-, Pt Cl*; le chlorure de mercure, un précipité blanc; le tanin un précipité grisâtre; le bichromate de potasse un précipité jaune cristallin. Au contact des sels de cette base, le mélange de ferricyanure et de perchlorure de fer étendus, produit immédiatement du bleu de Prusse. Gette, ptomaïne fournit avec le brome un composé d'addition sans dégager d'acide bromhydrique.
La nature de cette base n'a pas encore été bien déterminée. Parmi les produits de condensation du pyrrol avec l'acétone, Dennsledt et Zimmermann ont signalé une base en G'"H'^\z, bouillant à 27B°-285°. Le tétrahydromélhyquinok'ïne et la méthyllélrahydroquinoleïne de Hofmann et Kœnigs ont cette même composition'.
l.Derichle,l.X\l,p.l32.
DIAMINES CYCLIQUES NON OXYGÉNÉES.
Les composés de la série pyridique, vinyl-subslilués dans les chaînes latérales, donneraient aussi des bases de même formule, par exemple la vinylcollidine.
La base C'ir'Az de Guareschi se produit en môme temps que la parvoline, l'hydrocollidine, et une base solide répondant à la composition G'''Il-"Az-0'% dont on parlera plus loin.
Base G=*-H="Az.
Delezinier paraîtrait avoir retiré des cadavres une plomaïne répondant à la formule. G'^PP'Az. G'est un liquide huileux, presque incolore, très peu soluble dans l'eau, très oxydable, à sels déliquescents. Ses effets physiologiques se rapprocheraient de ceux de la vératrine. Ces faits, aussi bien que la formule de l'auteur, me paraissent insuffisamment établis.
DlAMlNES CYCLIQUES.
Base G'H'"Az^ et alcaloïdes homologues.
La présence d'alcaloïdes dans les produits fermentés, tels que : vins, bières, cidres, eaux-de-vie de grains, de betteraves, de pommes de terre, racki, etc., ne peut nous surprendre aujourd'hui que nous savons que la production des ptomaïues est une fonction constante de la vie de la plupart des microbes. Faut-il attribuer la formation de ces bases aux levures alcooliques de bière ou de vin, ou plutôt aux ferments secondaires et bactéries qui les accompagnent généralement en petite quantité? Gette seconde hypothèse,
LES PTOMAÏNESs
que je serais assez porté à trancher par l'affirmative, n'est pas encore entièrement résolue.
Dans tous les cas, en 1868 déjà, Oser avait signalé dans le vin un alcaloïde C" IP Az* dont nous parlerons plus loin, et dont l'origine et l'existence même étaient restées fort problématiques jusqu'à la découverte des ptomaïnes.
Eu 1870, Krœmer et Pinner rencontrèrent parmi les produits extraits des huiles résiduaires de la distillation des eaux-de-vie de grains {fuselols des Allemands) une petite quantité d'une base qu'ils crurent pouvoir identifier avec la coUidine. De son côté, Haitinger avait, en 1882, remarqué la présence de la pyridine dans les alcools amyliques provenant de la distillation des eaux-de-vie de grains et de pommes de terre.
D'autres alcaloïdes furent aussi signalés dans la bière ordinaire de bonne qualité par Modermann, Geldern, Fassbender et Schoepp. Ils ne furent pas analysés. V. Meyer en retirait une substance soluble dans l'alcool, dont les effets lui parurent analogues à ceux du curare. Enfin en 1884, MM. Glaudon et Morin, dans les eaux-de-vie de mélasse, M. Ordonneau et M. Morin dans les meilleures eaux-de-vie de vin, reconnurent aussi l'existence d'une trace d'alcaloïdes
M. Ch. Morin a repris en 1888 l'étude des bases des fuselols^, il en a séparé trois produits alcalins bouillant de 155° à 160°; de 171" à 172°, et de 185° à 190°. Mais il n'a
1. Ordonneau, Dull. Soc. chim., t. XLV, p. 333. — Ch. Morin, C. rend. Acad. méd., t. GV, p. 1019. M. Ordonneau avait cru reconnaître dans les cognacs la pyridine et la coUidine; Ludwig y avait signalé la triméthylamine.