‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 28 sur 213 · Comptes rendus Acad. sciences, t. CVI, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus Acad. sciences, t. CVI, p

DIAAIIMES AROMATIQUES NON OXYGÉNÉES.

pu faire l'élude ([ue du plus abondant des trois, celui qui distille de 171» à 172".

C'est une ptomaïne liquide, mobile, incolore, très réfringente, d'une odeur nauséabonde qui ne rappelle que de loin l'odeur des bases pyridiques, très soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther; elle répond à la formule C'H"'Az'. Sa densité est de 0,9820 à 12". Elle n'agit presque pas sur le papier de tournesol.

Cette base, chauffée avec de l'acide chlorhydrique saturé à 0% ne subit pas de transformations qui permettent de reconnaître sa constitution. Une partie seulement est détruite avec formation d'ammoniaque.

Elle s'unit à l'iodure d'élhyle en donnant un iodéthylate cristallisé en aiguilles solubles dans l'eau et dans l'alcool. Son chlorhydrate, GMi*"Az-, 211 Cl, s'obtient en dissolvant la base dans l'éther et faisant passer un courant d'acide chlorhydrique sec. 11 cristallise en fines aiguilles solubles dans l'eau et dans l'alcool.

Le chlorure de platine donne, avec ce sel, un chluroplatinate bien cristallisé, très soluble dans l'eau et dans l'alcool, un peu dans l'éther. Évaporé dans le vide sec, il s'altère spontanément.

L'iodomercurate de potassium précipite le chlorhydrate de celte base, en formant d'abord des flocons qui ne lardent pas à se résoudre en grandes aiguilles jaunes brillantes, très caractéristiques.

Le chlorure mèrcurique donne avec le chlorhydrate de cette base un précipité floconneux blanc immédiat.

Cette ptomaïne jouit d'une toxicité modérée. Chez le cobaye, la dose nécessaire pour amener la mort est de i. à ^ du poids de l'animal. Aussilôl après rinjecliou, il

LES PTOMAÏNES

est comme stupéfié, immobile. Au bout d'un quart d'heure, on constate laparésie du train postérieur. L'animal titube en marchant; il survient des mictions fréquentes; la .sensibilité est diminuée; la pupille dilatée est insensible à la lumière. Les battements du cœur sont très ralentis, et la température tombe à 35°. La mort est précédée de coma. A l'autopsie, on n'observe qu'une légère congestion de tous les organes.

Chez les lapins auxquels on fait ingérer directement par r estomac des doses de 0^'',08 à 0'^'',']2 de cette base, on n'observe que de la stupeur. Les effets par injection souscutanée sont, chez cet animal, ceux qu'on a signalés chez le cobaye. La dose mortelle pour le lapin est d'environ 1 gramme par kilogramme d'animal.

Injecté sous la peau, l'acélate de cette base donne des résultats identiques, mais plus rapides [R. Wurtz).

D'après M. Tanret, la base de M. Ch. Morin répondrait par sa composition aussi bien que par ses propriétés chimiques et physiologiques à la glucosine-^, que le premier de ces auteurs obtint en 1885 en faisant agir sur la glycose l'ammoniaque libre ou les sels ammoniacaux à acides organiques'.

Base G« H'^^ Az- et G*» W Az\ — Deux bases à formules homologues de la base principale de Ch. Morin ont été signalées, en 1878, par Schrœtter dans les parties bouillant au-dessus de 140° des eaux-de-vie de betteraves ^ Ces bases donnent les réactions générales ci-dessus. La première forme le sulfate cristallisé (CH'^Az^) (SO''rP)^

1. Compl. rend. Acad. sciences, t. G, p. 1540. — M. Tanret a ainsi obtenu les deux glycosines C«mAz^ et G'HiOAzs, Cette dernière base, qu'il croit pouvoir assimiler à la ptomaïne de M. Morin, bout cependant à 153-160» et non à 171°. Elle donne comme elle un iodoéthylate, mais qui paraît bien plus altérable. Dans tous les cas, les glycosines sont, comme les bases de Morin, des bases faibles et peu toxiques.

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