TROISIÈME PARTIE
OHAPITEE PEEMIER
Définition des Toxines. — Leur nature. — Distinction et séparation des Toxines et des Ptomaïnes.
Dès qu'on eut remarqué que les matières vénéneuses originaires des microbes ne paraissaient pas toujours être de nature alcaloïdique, un nom nouveau, celui de toxines, qui se borne à indiquer leur caractère offensif, fut attribué aux substances toxiques autres que les poisons basiques issus des êtres anaôrobies.
Plus tard on observa que, chez les animaux, certaines glandes produisent aussi des poisons très actifs, tels que les venins ; que les matières dites extraclivcs que l'on retire des tissus et des humeurs normales sont douées de pro-
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priélés vénéneuses; queles vôgélaux phanérogames peuvent fournir quelquefois des substances douées des propriétés des poisons non aicaloïdiques sécrétés par les microbes, etc., et l'on généralisa ce nom de toxines. Aujourd'hui l'on doit comprendre sous cette dénomination l'ensemble des substances organiques, à caractères chimiques mal déterminés, qui n'agissent le plus souvent sur l'économie qu'après un certain temps, à la suite d'une sorte d'incubation, et qui sont aptes à provoquer dans Torganisme des modifications profondes, plus ou moins durables, de la nutrition et de la santé.
Les microbes réagissent sur nous par les matières qu'ils sécrètent. C'est là une vérité actuellement admise à peu près par tout le monde, mais qui n'est pas venue d'emblée et comme tout naturellement à l'esprit. Au moment oii Pasteur faisait les mémorables découvertes qui nous ont révélé le monde nouveau des microbes et qui nous ont appris à cultiver, sélectionner, atténuer ces agents, à les transformer en vaccins, l'illustre savant émettait diverses hypothèses pour essayer d'expliquer la surprenante activité des bactéries pathogènes. Il attribuait successivement les désordres qu'elles provoquent à une sorte de traumatisme des tissus et des vaisseaux, à des embolies occasionnées par l'incroyable rapidité de leur multiplication, aux épanchements séreux et sanguins qu'elles entraînent, à une action asphyxique^ etc. Avant cette époque, Panum avait cependant remarqué que la cause de la plupart des accidents de la septicémie putride paraissaient attribuables à un poison chimique, résistant à l'action de la chaleur etsoluble dans l'eau (p. 5). Mais rien n'avait été dit de bien précis au sujet de ce poison (Voir p. 9); en particulier, aucune explication de son origine n'avait été tentée, ni même conçue, par