DISTINCTION ENTRE LES TOXINES ET LES VIRUS
A propos (le chaque toxine, nous dirons, lorsque ce sera possible, comment on Ta séparée ou purifiée'.
Distinction sous le microscope entre les toxines albuminoïdes et les albuminoïdes. — Ainsi qu'on l'a vu, la distinction entre les matières albuminoïdes et les alcaloïdes proprement dits est souvent très délicate. Elle est rendue plus difficile encore si Ton n'a que de très petites quantités de matière, lorsque sous le microscope, dans une cellule, une coupe, sur une granulation, un précipité même souvent nuageux ou trop faible pour être recueilli, on veut déterminer la nature soit alcaloïdique, soit albuminoïde, de la minime quantité de substance dont on dispose. La plupart des réactifs généraux qui précipitent les alcaloïdes, précipitent d'ailleurs les matières protéiques. Mais on peut distinguer ces deux ordres de substances au moyen de l'alcool acidulé d'acide tartrique (1^'" acide tartrique cristallisé, 20 cent. cub. alcool absolu). Ce réactif dissout bien les alcaloïdes sans toucher I aux matières protéiques qu'il coagule au contraire. Après I macération des préparations microscopiques dans cette liqueur alcoolique acidulée, on lave à l'alcool,, et l'on peut alors tenter de reconnaître, grâce à leurs réactions caractéristiques, les matières protéiques qui seules restent insolubles -.
Distinction entre les virus et les toxines. — Les virus sont des substances essentiellement vivantes. Soit que
1 . Voir encore à ce sujet la méthode de Hankin pour extraire les toxines des cultures du c/ia?'6on, (III« Partie; Chapitre XU"). Voiraumème Chapitre la méthode par laquelle Biichner est parvenu à extraire d'un grand nombre de bactéries toxiques une substance protéique pyogèue et vénéneuse douée d'un chimiotaxisme très marqué.
2. L. Errera. Distinction microchimique entre les alcaloïdes et les malicres proléiques. Bruxelles, 1889, p. 118.
LUS TOXINKS.
(virus charbonneux, diphtérique, lélanique, etc.) on y di^^tingue des bactéries ou des spores spécifiques ; soit que (virus syphilitique, varioleux, vaccinal, rabbique, etc.) tout se borne à des granulations indistinctes nageant dans une lymphe liquide. Dans tous les cas, le virus jouit de ce caractère essentiel que ses parties fujurées, ses agents essentiels, se reproduisent lor.-qii'on le cultive in vitro, ou lorsqu^on inocule ce virns aux animaux.
La différenciation des toxines phisou moins définies d'avec les virus est quelquefois malaisée ; mais le caractère essentiel des virus manque aux toxines proprement dites formées seulement de parties solubles. Elles ont un autre caractère remarquable qui les différencie également. Les virus sont détruits par les antiseptiques ou par l'oxygène comprimé à 7 atmosphères, tandis que les toxines, les ferments solubles, les venins ne sont pas détruits par les antiseptiques, par l'oxygène comprimé a 7 ou 8 atmosphères par l'eau oxygénée, etc. * (P. Bert, Compt. rend. Soc. de biolog., 1882, p. 737).
Distinction entre les diverses protéines des virus. —
Les protéines albuminoïdes que l'on })eut rencontrer dans un virus naturel ou dans une culture virulente, peuvent avoir trois origines : 1° les unes appartiennent au protoplasma même de la cellule infectieuse, et l'expérience a montré que souvent, après la mort du microorganisme producteur,
1. Les substances chimiques, aussi bien que les ferments solubles, agissent en présence des essences de moutarde ou d'ail, du thymol, du phénol, de l'acide cyanhydrique, du formol, du chloral, du sulfure de carbone, et de tous les autres antiseptiques, pourvu quo leurs fonctions chimiques n'en soient pas atteintes, pourvu qu'ils ne soient pas rendus insolubles, qu'ils n'entrent pas avec l'antiseptique employé dans une combinaison stable.