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Fig. 20. — Etat des contractions cardiaques, du pouls et de la pression 3]' minutes après l'injection intraveineuse de2cc. 5 de pneumobacilline. (Grandeur naturelle.)
Flo. 21. — État des contractions cardiaques, du pouls et de la pression 5 minutes après l’injection intraveineuse de 2 cc. 5 de pneumobacilline. (Grandeur naturelle.)
Fig. 22. — État des contrations cardiaques, du pouls et de la pression 8 minutes après l'injection intraveineuse de 2 cc. 5 de pneumobacilline. (Grandeur naturelle.)
Fie. 23. — État des contractions cardiaques, du pouls et de la pression. — A gauche : 20 minutes après l’injection intraveineuse de 2 cc. 5 de pneumobacilline. — A droite : 45 minutes après cette même injection, (Grandeur naturelle.)
20 minutes après la première injection, la pression est remontée à 118 millimètres et le cœur est à 96 contractions.
45 minutes après la première injection, la pression est à 124 millimètres et le cœur se maintient à 96 (fig. 23).
Nouvelle injection intraveineuse de 2 ce. 5 de pneumobacilline.
Cette dose ne produit aucun résultat, qu’un relèvement passager du cœur dont les contractions arrivent au chiffre de 120 millimètres. L’état de la pression n’est aucunement modifié, elle oscille autour de 128 millimètres (fig. 24).
L’expérience est encore continuée pendant 30 minutes, ce qui porte à 1 heure et demie l’intervalle écoulé depuis le début de la première injection. Le tracé, en ce moment, inscrit comme pression 120 millimètres, et au pouls 144 pulsations (fig. 25).
Ce tracé confirme à nouveau ce que nous avons déjà vérifié : la chute de pression et l’accélération cardiaque tardives, qui sont la preuve manifeste qu’un certain temps est nécessaire aux toxines, soit pour l’imprégnation de l’organisme, soit pour l’incubation.
Caractères généraux. — A la suite de la première injection, le sujet a présenté d’abord un peu d’agitation bientôt suivie d’un calme absolu : il restait sur la table, inerte, paraissant dormir, mais conservant toutefois toute sa sensibilité. Le globe oculaire était recouvert par la troisième paupière. Cet état persiste jusqu’à la fin de l’expérience. Un peu de salivation. Mis à terre, l’animal reste abruti.
Dans l'après-midi (l’expérience a été faite le matin), le chien reconduit dans sa loge paraît reprendre son état normal.
Le lendemain, 15 février, le sujet est gai, accepte les aliments. La température est normale, 39°, 4.
Le 16 février, l’état est moins satisfaisant : tristesse, manque d’appétit, hypersécrétion salivaire, évacuations diarrhéiques striées de sang. Température, 39°, 7.
17 février. — Aggravation des symptômes : le sujet demeure
Fig. 24. — État des contractions cardiaques, du pouls et de la pression après une nouvelle injection de 2 cc. 5 de pneumobacilline. (Grandeur naturelle.)
Fio. 25. — État des contractions cardiaques, du pouls et de la pression, 1 heure 1/2 après le début de l’expérience. (Grandeur naturelle.)
blotti dans un coin de sa loge, faciès morne, orbites excavées, nez sec, indifférent : refus absolu d’aliments. Température, 39°, 7.
18 février. — L’état des symptômes est exagéré, la dépression est beaucoup plus accusée.
19 février. — Le chien est trouvé mort.
Autopsie. — Toujours les mêmes lésions congestives relevées chez les autres sujets. Cependant ici nous trouvons des signes d’entérite très accentués. Les muqueuses digestives, particulièrement celle de l’intestin grêle, sont rouge-vif, et recouvertes d’une couche épaisse d’un mucus jaunâtre.
EXPÉRIENCE VII. - 16 février 1895.
Pratiquée pour contrôler le fait déjà observé de l’influence prédisposante d’une injection préalable de toxine sur les effets de cette même toxine.
Chien A. — Jeune, pesant 18 kilogrammes. Excellent état. Reçoit dans la jugulaire 15 centimètres cubes d’une culture stérilisée par la chaleur de pneumobacillus liquefaeiéns bovis.
Chien B. — Egalement jeune, pesant 16 kilogrammes. Bon état, reçoit dans la jugulaire 50 centimètres cubes de la même substance.
Les effets immédiats sur les deux animaux sont conformes à ce que nous avons déjà vu ; par l’exploration manuelle du pouls, du cœur, on a constaté les phénomènes ordinaires signalés dans les observations précédentes.
En même temps : torpeur cérébrale, dépression générale immédiate, hypersécrétion salivaire, réveil du péristaltisme, évacuations diarrhéiques. Le chien A a eu seul deux efforts de vomissements suivis de rejets de matières alimentaires.
Les fonctions ont semblé assez rapidement reprendre leur état normal, mais les sujet sont restés tristes.
Dans la soirée du même jour les deux animaux ne semblent pas très malades; suivis jusqu’à 9 heures du soir, on ne relève rien d’anormal.
17 février. — Etat stationnaire. Le chien A semble plus triste que le chien B.
18 février. — A 9 heures du matin, même situation.
Le chien A est mis sur la table et on poursuit l’expérience.
On injecte dans la veine35 centimètres cubes de pneumobacilline en un seul bloc, ce qui porte à 50 centimètres cubes la dose totale de toxines introduites en 48 heures dans l’économie de cet animal. Il se trouve ainsi avoir en ce moment la même quantité de pneumobacilline que le chien B avait reçu en une seule fois.
Les premiers effets de cette seconde injection ont été simples : pas de troubles respiratoires ni de modifications apparentes de pression. A peine une légère accélération du cœur et quelques signes douteux d’affaiblissement nerveux.
Vers le milieu du jour l’animal paraît très abattu : ceci correspond avec l’élévation thermique que nous trouvons sur sa courbe de température.
Progressivement tout revient à l’état normal, et dans la soirée l’amélioration s’était tellement accentuée, que croyant l’expérience négative, nous faisons reconduire l’animal au chenil.
19 février. — A 8 heures du matin le chien est trouvé étendu sur la paille, inerte, complètement paralysé du train postérieur, incapable de se tenir debout. Le sujet est porté au laboratoire, et il meurt 5 minutes après, avant qu’on ait pu se renseigner plus amplement sur son état général.
Autopsie. — Toujours les mêmes caractères du sang et des viscères. Lésions d’entérite très prononcées du côté de l’intestin grêle.
Le chien B qui avait reçu d’un coup 50 centimètres cubes de toxine se porte bien, il se rétablit.
Les modifications thermiques relevées chez les deux animaux sont intéressantes et ont été suivies de près.
Chien A Chien B
16 février. 10 heures (inject. 15cc.) 39°, 4 (inject. 50cc.39°,2
16 févirer
16 févirer 2 h. 1/2 (inject.
15cc.) 41°, 6 (inject 50cc.) 41°, 2
17 février. 8 h.
1S février 6 h. 1/2
8 h. 1/2 (inject.
55cc
Ce chien se portant très
bien la température
n’est pas continuée.
En résumé, cette expérience est d’un haut intérêt : elle montre qu’une même dose de 50 centimètres cubes de pneumobacilline injectée en une seule fois n’est pas mortelle, et tue, au contraire, quand, une première fraction ayant été introduite dans le système veineux, le complément y est versé deux jours après.
L’action prédisposante de l’injection d’une toxine sur les effets de cette même toxine semble donc nettement démontrée par cette expérience.