RAPPEL A LA VIE
Nous relevons dans la Gazette hebdomadaire des sciences médicales de Bordeaux (8 octobre 1893, n» 41, p. 470 j, rapporte par son rédacteur en chef, M. le professeur E. Masse, le fait suivant :
Obs.XII. — ■ « Dans une opération de trachéotomie pratiquée, il y a deux jours, par le docteur Denucé, à l’hôpital Saint-André de Bordeaux, sur un sujet atteint de néoplasme du larynx, et soumis à l’anesthésie chloroformique combinée avec une injection de un centigramme de chlorhydrate de morphine, nous avons vu réussir le procédé du docteur La-
borde, alors que toute respiration était suspendue et que le malade était devenu bleu et presque noir par asphyxie. Bien que la canule eût été placée dans la trachée, la respiration ne se rétablissait pas.
Les tractions rythmées de la langue ont été faites avec persistance et la respiration est revenue, d’abord irrégulière, et plus tard bien rythmée. »
M. le professeur E. Masse fait suivre cette relation des réflexions suivantes :
« Le procédé du docteur Laborde a donné certainement là un très beau résultat ; il est incontestable qu’il a permis de ramener la respiration sur ce sujet en état d’asphyxie, sous l’action combinée du chloroforme et de la sténose du larynx.
« Ce procédé, qui n’exclut pas la mise en action de tous les autres, nous donne une arme de plus, qui nous paraît de nature à donner les meilleurs résultats, dans les accidents chloroformiques.
« J’ai eu recours très souvent, dans les exercices de médecine opératoire sur les animaux, aux tractions rythmées de la langue sur les chiens soumis à l’anesthésie chloroformique. Tout le monde sait combien l’asphyxie complète est fréquente chez les chiens soumis à l’inhalation chloroformique. Après dix minutes de tractions de la langue, je suis arrivé quelquefois à rétablir la respiration et à ramener à la vie des animaux en état complet d’asphyxie. »
Je tiens de mon confrère et ami, M. le doclcur Menière, médecin-adjoint de l’Institution nationale des sourds-muets, l’observation suivante :