APRÈS L’ESSAI INFRUCTUEUX DES AUTRES PROCÉDÉS EN USAGE
« J’ai l’honneur de communiquer à l’Académie de Médecine un nouveau cas de rappel à la vie, par le procédé de M . Laborde, d’un enfant nouveauné en état de mort apparente; cas dans lequel
avaient échoué tous les autres moyens habituellement en usage :
06, s. XXXI. — Le 25 novembre dernier, Madame L. .. était prise des douleurs de l’enfantement au huitième mois de la grossesse, et accouchait prématurément d’un enfant en état complet de mort apparente.
L’expulsion s’était faite au milieu d’une hémorrhagie assez abondante : l’enfant ne respirait pas, était pâle et anémié ; son corps était mou et flasque.
Je lis immédiatement une ligature provisoire, et je sectionnai le cordon qui n’était animé d’aucun battement vasculaire.
Puis je me mis à l’œuvre, et, pendant une heure et demie, j employai tous les moyens connus pour ramener l’enfant à la vie : d’abord des aspirations, avec le tube de M. Ribemont, qui ont débarrassé le larynx d une grande quantité de mucosités mélangées avec du sang ; ensuite l’insufflation laryngée avec le même instrument, suivie d expiration provoquée par pression sur la cage thoracique; frictions à l’alcool sur tout le corps, bains chauds, respiration artificielle.
J’ai eu recours alternativement ou simultanément à tous ces moyens pendant une heure et demie sans aucun résultat. L’enfant ne respirait toujours pas; ses battements cardiaques étaient imperceptibles.
G est alors que j’ai pensé, fort heureusement, au procédé préconisé par M. Laborde pour ramener à la vie des noyés et asphyxiés en état de mort apparente ; et, saisissant la langue de l'enfant avec une pince hémosiatique, j’ai exercé des tractions répétées au dehors et en avant.
Au bout d’un temps assez court, un léger mouvement respiratoire se produisit.
Encouragé, j'ai continué la manœuvre, et une minute après, seconde respiration plus énergique et plus bruyante; puis une autre; puis chaque traction était suivie d’une respiration, et finalement la respiration
s’est établie, avec sa spontanéité, d’une façon régulière.
L’enfant, qui pesait 1,460 grammes, placé dans une couveuse et nourri d’abord à la cuiller, puis au sein, dès qu’il a pu le prendre, se porte aujourd’hui très bien. »
Lorsque se sont produits devant l’Académie les premiers résultats de l’application du procédé des tractions rythmées de la langue, dans la mort apparente consécutive aux diverses asphyxies, notamment à l’asphyxie des nouveau-nés, je faisais la remarque que, très probablement, plusieurs de ces faits, qui tendent à se multiplier à mesure que se vulgarise le procédé, n’étaient pas encore venus à ma connaissance, soit qu’ils ne m’eussent pas été communiqués personnellement, soit qu’ils n’eussent pas été livrés à la publicité.
Or, je recevais bientôt après de mon très honoré confrère, M. le docteur E. Massart, médecin en chef de l’hôpital de Ilonfleur, communication du remarquable fait suivant, qui prouve que je ne me trompais pas dans mes prévisions :
NOUVEAU CAS DE RAPPEL A LA VIE D’UN NOUVEAU-NÉ par les tractions rythmées de la langue APRÈS L’ÉCHEC DES AUTRES PROCÉDÉS,