TKATION D'UN VERMIFUGE COMPOSÉ : CALOMEL ET SAN- TONINE
Rappel de la respiration et de la vie par les tractions rythmées de la langue.
« Je fus appelé l’année dernière en toute hâte près d’un enfant de cinq ans en état d’asphyxie très prononcée : écume à la bouche, figure et extrémités cyanosées, respiration nulle, et battements de cœur tumultueux et précipités.
L’accès est survenu brutalement, sans convulsions, vers deux heures de l’après-midi, juste au moment où je passais devant la maison habitée par le petit ma-
lade. J’ai appris que le matin l’enfant avait pris un vermifuge composé de calomel et de santonine à la dose appropriée à l’âge de l’enfant, mais que l’action purgative du médicament ne s’était pas encore manifestée.
Je me suis mis immédiatement en devoir d’appliquer le procédé des tractions rythmées de la langue.
Et dix minutes plus tard j’étais proclamé sauveur de l’enfant.
Il est fort probable que l’asphyxie dans ce cas constituait un phénomène réflexe d’origine intestinale. »
Enfin, nous recevions tout récemment de notre confrère le docteur Delineau (de Paris), communication de trois nouveaux cas de résurrection par les tractions linguales, dont deux, se rapportant à l’asphyxie des nouveau-nés, viendront dans un chapitre subséquent (p. 134), et dont le troisième trouve ici tout naturellement sa place :
Obs. XI his ■ — ÉTAT SYNCOPAL ET MORT APPARENTE A la suite d'une injection de cocaïne.
RAFPEL A LA VIE PAR LES TRACTIONS RYTHMÉES ET PERSISTANTES DE LA LANGUE
« Le 20 décembre 1893, je fus requis en toute hâte et conduit chez un dentiste de mon voisinage. Je me trouvai là en face d'une femme de 30 ans environ qui paraissait mourante.
Elle était venue pour se faire arracher une molaire, et, dans l’appréhension de la souffrance, elle avait voulu être insensibilisée.
Le dentiste me dit qu’il avait injecté sous la gencive, près de la dent à extraire, deux centigrammes de cocaïne-, mais qu’au bout de cinq
minutes, au moment où il allait procéder à l’extraction de la dent, la patiente, pâlissant tout à coup, était tombée en syncope.
Effrayé, le dentiste avait envoyé chercher de tous côtés des médecins.
J’étais arrivé le premier.
Je trouvai donc la malade en état de syncope, assise à la renverse dans un fauteuil. Le pouls était nul. Le cœur ne battait que faiblement. La peau était décolorée, presque froide, et couverte de sueur.
Sans hésiter, je fis étendre la malade sur le parquet. Je fis ouvrir de force la bouche, et saisissant avec une pince de Péan, le plus profondément possible, la langue, rétractée, j’exerçai de vigoureuses tractions, en invitant le dentiste atterré à comprimer alternativement la base du thorax et le ventre, au moment de chaque traction (15 à 20 par minutes).
Après cinq minutes d’efforts, la malade eut une sorte de hoquet suivi d’un second, puis un soulèvement du diaphragme et respira bientôt assez librement.
Je cessai les tractions et lui fis respirer de l’éther acétique.
Au . bout de dix minutes, cette dame eut une nouvelle syncope. Je recommençai alors les tractions de la langue, qui ramenèrent immédiatement une respiration normale.
Une heure plus tard, la malade pouvait repartir entièrement rétablie, n’emportant qu’une forte
ecchymose de la langue et conservant sa
molaire.