‹ Les traditionnellesChapitre 31 sur 114 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Cher Alphonse, voilù l'œuvre des (jens honnêtes ; Ils se nomment ainsi. Pour un jour de repos, Ils vous feraient subir dix siècles de chaos. Sur le toit vermoulu qui leur sert de refuge, Leur drapeau porte écrit : « Après nous le déluge ! » Ces Français avant tout, hélas ! que seraient-ils, Si les pères avaient agi comme les fils'!* S'ils avaient, sans combat, tenu pour légitime Le caprice sanglant de Témeute et du crime. L'ange depuis longtemps commis à nos destins Pleurerait sur la France, une urne dans les mains; La grande nation ne serait dans l'histoire Qu'un avorton stérile indiqué pour mémoire. Eh î malheureux, cet or que vous voulez sauver. Ces champs que, dites-vous, on veut vous enlever. Sont-ils plus assurés par votre couardise? Le barbare a-t-il fait trêve à sa convoitise ?

Par votre lâcheté votre danger s'accroît;

Mieux vaudrait succomber sur la brèche du droit.

Une paix achetée est une paix factice ;

Le repos ne peut pas durer sans la justice.

Lorsque l'on fait son lit sur le bord d'un écueil,

On ne saurait jamais sommeiller que d'un œil ,

Et, quel que soit l'éclat du luxe qui l'enivre,

Qui veut vivre à tout prix n'a pas longtemps à vivre.

Frère de ma doctrine, ami selon mon cœur. Qu'un autre vante en toi le puissant orateur Commandant aux esprits par un talent sublime. Comme l'ange des mers commande à leur abîme, Le juriste portant un flambeau dans la main Pour garder l'équité de broncher en chemin. Moi, je t'admire aussi ; mais dans un autre rôle, Et j'aime mieux ton cœur encor que ta parole.

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