‹ Les traditionnellesChapitre 4 sur 114 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Elle fût interprète au lieu d'être docteur.

Mais le Verbe divin serait donc un monteur?

Du comble au fondement renversant sa doctrine,

C'est de l'humanité que le Christ s'illumine !

L'ombre doit maintenant faire l'aumône au jour,

Et la vérité sainte est aveugle à son tour !

Oh! l'aveugle, c'est toi ! Ta funeste pensée

Est un glaive oii deux fois la France s'est blessée.

Parcours les tristes rangs des lits d'un hôpital

Et demande à chacun le remède à son mal.

Et tu verras soudain la poitrine enflammée

Désirer l'alcool afin d'être calmée;

Le fiévreux, qu'un accès inonde de sueur,

De l'air vif du dehors implorer la fraîcheur;

Et le bras violet que la gangrène effleure

De l'amputation retarder toujours l'heure.

Bref, tous ces malheureux aimeront mieux périr

Que soufl'rir un instant ou brider leur désir.

Voilà l'autorité dont tu nous fais l'éloge;

La passion répond alors qu'on l'interroge.

Et de noire avenir tu veux greffer le sort Sur les restes maudits de cet arbre de mort ! Oh ! ta fatale erreur doit être un analhème, Le secret châtiment d'un intime blasphème Qui, sans se dévoiler, nous jette dans l'effroi. Mais dont l'œil qui voit tout doit savoir le pourquoi. Quittant cet oreiller qui n'a point d'insomnie, Où reposeras-tu l'ennui de ton génie ?

Car la gloire a souvent les signes de l'affront, Et le poids d'un laurier courbe aussi notre front. De tes nuits sans sommeil parcourant l'étendue. Tu voudras remplacer la vérité perdue; Mais, phénix infernal, pour te mieux tourmenter. Ton doute ne mourra que pour ressusciter : Semblable au chasseur noir dont la vieille légende Fait encor frissonner la veillée allemande. Et dont l'ombre, expiant un sacrilège affreux. Poursuit incessamment dans les bois ténébreux Les chevreuils de vapeur, enfants du maléfice. Aux éclats des démons riant de ton supplice,

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