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UN REGARD DE JÉSUS

A KUG. GAZAY.

Âpres qu'il a rangé Judas sous son empire, A triomphe plus haut l'esprit du mal aspire : C'est au cœur de Céphas qu'il promet son venin. D'un immense scandale il se repaît d'avance; C'est, encor tout rempli de sa fière assurance. Le plus fort qu'on verra tomber sur le chemin !

Celui qui, dans sa foi, bravant toute épouvante, Osa se risquer seul sur la vague mouvante, Pour aller au devant du Christ libérateur,

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Et qui, sur le Thabor, entre Élie et Moïse, Le vit, s'entrelenant de la nouvelle Église, Comme un soleil noyé dans sa propre splendeur ;

Celui qui, le premier, aux champs de Césarée, Rectifiant de tous la parole égarée.

Confessa le Seigneur, le Fils du Dieu vivant; Le Disciple comblé des trésors de la grâce. Le Roc qui doit porter*" le temple sur sa masse. Déraciné, sera ce qu'est la paille au vent.

Les ombres de la nuit enveloppaient Solime. Poussé par la terreur des apprêts du grand crime. On allait, on venait dans tous les carrefours ; De la demeure d'Anne à celle du grand-prêtre, Céphas avait voulu suivre son divin maître; La foule remplissait le prétoire et ses cours.

Lorsqu'on eut entendu ces deux mots: Vous le dites, Que Caïphe, éclatant en fureurs hypocrites.

1S4 LKS TRADITIONNELLES.

Eut déchiré sa robe et dit : « Qu'en pensez-vous? « Quel supplice pourra châtier son blasphème? » Tout s'écria : La mort !... Et, craignant pour lui-même,

Pierre sentit trembler et fléchir ses genoux.

Il quitte l'assemblée. A la flamme blafarde

Où se chauflaient en rond les officiers de garde,

La servante commise aux portes du palais

Le reconnut : « Ami, réponds sans subterfuge :

« N'es-tu pas du troupeau de celui que l'on juge? »

— « Non, dit le lâche Apôtre, et je n'en fus jamais. »

Et le coq, aussitôt, d'une ferme voisine.

Chante pour accomplir la promesse divine ;

Mais la peur à Simon ôte tout souvenir.

Une autre femme arrive; et, bien loin qu'il s'amende,

11 fait même réponse à la même demande.

Or, un homme, à son tour, s'en vient l'entretenir :

« On t'a vu, lui dit-il, au Jardin des Olives;

LIVHK III. 18.S

Tes douleurs maintenant doivent être hien vives, Car ton maître no peut échapper au trépas. » Pierre, jusqu'au délire ayant l'âme troublée : « Je n'ai jamais suiviJésus do (ialilée; J'en jure par le ciel, je no le connais pas. »

Une seconde fois le coq se fait entendre,

A ce cri de réveil, qui le force à comprendre,

De son maître oublié Pierre s'est souvenu.

Kt Jésus, en passant pour aller au martyre,

Lui jette un regard triste et qui semble lui dire :

« 0 Pierre! depuis quand te suis-je un inconnu? "

« Veux-tu voir le démon plus fort que ma prière? J'ai demandé pour toi les secours de mon père. » J'avais fait plus ; tes mains portaient les clefs du ciel. Prélude de la croix dont j'entends la menace. On m'a couvert de sang et craché sur la face ; Mais de tous les bourreaux tu m'es le plus cruel. »

JS({ LKS TRADITIONNELLES.

Pierre, homme de labeur, âme simple ci naïve, Pour le suivre, quittant sa barque sur la rive, Avait aimé Jésus du plus ardent amour.

Ces reproches amers grondent dans sa poitrine ; Aux feux de cet orage, il juge sa ruine. Détestant désormais la lumière du jour.

Il va pleurer au fond d'un antre expiatoire : Son crime est toujours là présent à sa mémoire; C'est le penser du jour, le rêve de la nuit. Bien moins que lui, Judas lui paraît misérable; De tant de dons reçus il se fait plus coupable, L'ineffaDle regard sans cesse le poursuit.

Que nous enseignes-tu, Seigneur, par ce naufrage. Dont la honte contriste et la nuit décourage? Que fera le lion devenu vermisseau ?

ijvin-: m. is7

As- lu lait (îclioucr le premier des Apôtres,

l*our que, pécliciir lui-inême, il fût doux pour les autres.

Kl qu'il piit, sans orgueil, conduire le vaisseau '/

Pour qu'il put confirmer, par son expérience, Que le plus fort lui-même est frappé d'impuissance, Et tombe de son poids quand il lâche tes mains ? Que les jours d'ici-bas sont une rude lâche. Va qu'il nous faut prier et veiller sans relâche; Car le voleur de l'âme est sur tous les chemins.

(iC n'est pas autrement que nous devons le croire. vSatan est confondu par sa propre victoire. La chute du pilote était dans ton conseil. Mais soudain ta bonté d'un regard l'illumine ; L'aigle, un moment du ciel tombé dans la ravine, Réchauflé d'un rayon, remonte à son soleil !

Nous le verrons bientôt, gouvernant ton Église, Le corps sous les liens, mais l'esprit en franchise,

ISS MIS TUADITIONNELLKS.

To (losccntiro vers nous, nous élever vers loi, Ll, les bras étendus, répandre la rosée, li\amour et le pardon, sur la terre épuisée, Lasse et n'en pouvant plus du joug du peuple-roi.

Que Terreur trouve là le sujet d'un blasphème. INous adorons... Toi seul, enfermé dans loi-môme, ('onnais parcjnels creusets doivent passer les saints. Nous te glorifions de ce divin scandale; L'orgueil du sens humain vainement le ravale. L'enfer, quand tu le veux, concourt à les desseins.

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