LIVRE IV
Sorte biciilol tlii sol qui doit lo supporter, Et, jusque dans le ciel, que sa voûte élancée Aille chercher le Dieu digne de l'habiter !
Que ton étoile, enfin, poursuive sa carrière. Quoique toutinonte, hélas ! pour descendreà son tour , Quoique tout ici-bas tende à son dernier jour El qu'un germe de nuit couve en toute lumière.
Quelques pauvres pêcheurs font sécher leurs réseaux Sur la plage où fut Tyr. Sidon, dans le veuvage. Regarde en vain les mers; et l'ombre de Carthagc Pleure sur les débris des citernes sans eaux !
Sur tes ports oubliés assise solitaire , Si tu devais un jour regretter ta splendeur, Que l'éclipsé , du moins , ne soit que passagère ! Comme la mort le fut pour ton premier pasteur.
L'amitié de son Dieu lui valut de revivre.
314 LES TllADlTlONxXELLES.
Ah! quel que soit l'espoir des rêves d'aujourd'hui, Reste fidèle au Christ; c'est le Christ qui délivre ; Ici, comme là-haut, toute vie est en lui.
Marseille, 3 mars l«;i.3.
LA FONTAINE COUUONNEIi
A NLMA lUjUnOlIlAN, l'KINTUi:.
Oui , c^est là , cher Numa , le pasteur de Sicile , Qui, trouvant une source, y dressait un autel. Cette petite ébauche est pleine de Virgile, Muse qui se comprend si bien sous notre ciel.
C'est bien là l'Italie en la saison brûlante, Où déjà la faucille a coupé la moisson; C'est le milieu du jour, c'est Theure somnolente Où la cigale seule entonne sa chanson.
Dans ces lointains brûles , pins de bruit de cascade : Le soleil en ravin a changé le ruisseau ; Heureux est le berger qui trouve une naïade Dont l'urne peut encor a])rcuvcr son troupeau
Certe, on voit que le tien de ce bonlieur rayonne : Ses chèvres ont de quoi braver les feux du jour; Il rend grâce à cette onde, et sa main la couronne Des gazons de ses bords tressés avec amour.
La naïade sommeille, et c'est un coup de maître; Car ce groupe n'en est que plus délicieux : L'un est reconnaissant sans se faire connaître, Et l'autre à son bienfait semble fermer les yeux.
Tel, dormant dans la tombe, hélas! où tout arrive, Par leurs propres abus quand les arts sont blasés , Le chantre virginal d'une époque naïve Ranime, à son insu, les esprits épuisés.