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LIVRE IV

Je revois le ruisseau que franchit mu jeunesse,

Le bosquet où Tannour me versa son ivresse.

Du laboureur perdu dans le lointain du champ ,

Mon oreille attentive a reconnu le chant,

Le moulin du village à la chute uniforme,

Et le bruissement des rameaux du grand orme ,

Où, me quittant enfin le jour de mon départ,

iMa famille longtemps me suivit du regard !

Ihie larme de joie a mouillé ma paupière :

Je m'approche, on regarde, et tout a dit : c'est Pierre I

VA Pierre, ressentant l'ivre'sse du bonheur,

A pressé tour à tour ses parents sur son cœur.

Kt Lise vint m'offrir sa joue enchanteresse ,

Et sa pudeur craintive , en ce moment d'ivresse ,

vS'oubliait; et son sein sur mon sein agité.

Ne dissimulait point sa douce volupté!.., »

Mais , hélas ! c'était trop pour n'être pas un rêve ;

La trompette soudain retentit , il se lève :

Les chefs et les soldats ont rompu leur sommeil;

no LES TRADITIONNELLES.

L'écho du camp entier répète le réveil.

Du drapeau déroulé la lance étincelante

ReQète la lueur d'une aurore sanglante,

Et des aides-de-camp , sur les lignes d'acier ,

Passe comme l'éclair le rapide coursier;

Les ordres répétés parcourent les espaces :

La bataille s'ébranle, et dispose ses masses.

Elle va décider du sort de son pays;

Les rêves du hameau se sont évanouis :

A l'aspect du péril le soldat s'électrise.

Et la gloire en son cœur prit la place de Lise.

LE PAUVUE AVEUGLE

Dans l'absence du souvenir Mes douleurs trouvaient leur diclanie Jours d'autrefois, pourquoi venir l*orter le trouble dans nnon âme?

J'eus longtemps un heureux destin; Mais des grandeurs le sort se joue ; Et, pour avoir un peu de pain.

Pauvre aveugle , tourne la roue !

Le jour inondait mes regards , La beauté daignait me sourire;

Protecteur opulent des arts,

Je m'enivrais de leur délire

Mais la misère entre chez moi ; Pour ami tout me désavoue.

Seul, ton chien a gardé sa foi.

Pauvre aveugle, tourne la roue!

Âi-je le droit de m'irriter De Tindifférence commune?

Pent-otre anssi , sans m'arrèter, J'ai passé devant l'infortune.

Silence à mon cri gémissant!

C'est qnand le malheur me secoue, Que je deviens compatissant....

Pauvre aveugle, tourne la roue!

Si sans crime l'homme affligé Pouvait hâter sa dernière heure, Je serais déjà soulagé :

J'aurais le tombeau pour demeure;

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