‹ Les traditionnellesChapitre 71 sur 114 · L'ESPAGNOL A MOSCOU · texte numérisé non relu

L'ESPAGNOL A MOSCOU

ï^auvre baladin inconnu , Ne possédant qu'une guitare, Hélas ! pourquoi suis-je venu Affronter ce climat barbare?

Du pan troué de mon manteau J'enveloppe en vain mon épaule, Je tremble et je sens sur ma peau Courir tous les frimas du pôle.

Prenez pitié, mère de Dieu, D'un pauvre enfant de l'Ibérie !

LIVRK IV. 235

Là-hns , là-bas, est le ciel bleu Et le soleil de sa patrie.

Ma pauvre enfant touche à la mort; La neige est sur sa chevelure , Et le souffle acéré du Nord Glace les pleurs sur sa figure.

Vainement pour les ranimer Elle a mis ses mains dans les miennes : Mes mains n'osent se refermer, Étant plus froides que les siennes.

Prenez pitié, mère de Dieu, D'un pauvre enfant de l'Ibéric !

Là-bas , là-bas , v.si le ciel bleu Et le soleil de sa patrie.

S'il m'est donné de te revoir, Ma chaude et belle Andalousie , Je jure de ne plus avoir

236 LKS TRADITIONNELLES.

Do vagabonde fantaisie; Mais je ne dois plus espérer; Ma fille, ma seule compagne, Sur mes genoux vient d'expirer...

Un funèbre frisson me gagne.

Prenez pitié, mère de Dieu, D'un pauvre enfant de l'Ibérie !

Là-bas , là-bas , est le ciel bleu Et le soleil de sa patrie.

Qua.idlejour parut de nouveau, Deux corps, retirés de la neige , Sont jetés dans un tombereau, Et sont mhumés sans cortège ; Et , sur les pauvres bateleurs, La neige tellement retombe , Que l'œil même des fossoyeurs Ne savait plus trouver leur tombe.

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