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SUR LA MAISON DE CAMPAGNE

DE M. ROUX-CARBONEL.

A roricnt de notre plaine, Est assis un riant domaine Que le Vistre vient arroser; Ses eaux en ceignent la charmille , Comme un père embrasse sa fille Et lui donne un chaste baiser.

Là sont, dans un riche parterre, Tous les végétaux de la terre , Étalant leur tête au soleil.

LIVHK IV. 257

Tous les oiseaux dont le plumage

Rivalise avec le nuage

Que le jour frappe à son réveil.

Quand , dans leur immense volière, Où rampent les cent mains du lierre , Se croisent leurs essaims divers, On croirait, vision charmante, Que les fleurs ont quitté leur plante Et qu'elles s'en vont par les airs.

Eh bien! dans cet enclos champêtre , En Éden changé par son maître , Ce qui frappa le plus mes yeux , Ce n'est pas le cèdre superbe".

Ni le palmier courbant sa gerbe , Comme les voûtes des saints lieux ;

Ce n'est point l'arbre symbolique , Prix d'un sacrifice héroïque.

Et dont les rameaux odorants Couvrent, à la lueur des cierges , Ou le cercueil des jeunes vierges, Ou bien le char des conquérants;

Ni ses frères les lauriers-rose , Où le rossignol se repose , Et qui, pour des parfums absents, Exhalent au loin l'harmonie , Dont leur hôte les gratifie , Et les rend tous retentissants.

Ni non plus la pâle verdure Du saule, dont la chevelure Suit le cours onduleux des eaux ; Le bananier, toit du sauvage , Le lotus, amant du rivage, Ni tout cet arc-en-ciel d'oiseaux.

Ce qui délecta ma paupière.

LIVIU-: IV. 269

Ce fut une madone en pierre , Dont ces lieux étaient protégés, Et (jui , sur un socle modeste, En inclinant son front céleste, Tendait les bras aux aflligés.

Au lieu d'une sotte déesse, Reste impur du ciel de la Grèce, Des jardins banal ornement; Cette figure \irginale , Et blanche sur ce vert dédale, Me fit un eiïot tout charmant.

Comme si des moissons de roses N'avaient pas, pour la Vierge écloses.

Assez d'encens, assez d'honneurs, Une pieuse demoiselle Mettait chaque jour auprès d'elle Des bouquets de nouvelles fleurs.

0 jeune fille , sois bénie De ces soins rendus à Marie !

Que cette étoile du matin, Dont le ciel connaît la puissance, Répande sa douce influence Sur ta vie et sur ton destin !

Ton exemple pieux m'engage

A lui rendre aussi mon hommage .

Au lieu de roses et de lis.

J'ai tressé ces vers en couronne,

Et veux que ta main les lui donne.

Afin qu'ils soient mieux accueillis.

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