‹ Les traditionnellesChapitre 90 sur 114 · LIVRE V. 2î · texte numérisé non relu

LIVRE V. 2î

rourCiluck ou Piccini l'on était en querelle, Et les f(ens se battaient pour eux à la cliandelle. Un soir, un gros manjuis, gluckiste forcené, Rentre au théâtre, après un duel terminé; Mais, au lieu de jouir de l'œuvre incomparable Pour laquelle il venait de tuer son semblable, Il se mit à dormir avec un ronflement Qui donnait à l'orchestre un nouvel instrument.

— Ainsi le champ du beau serait celui du doute, Et, selon votre avis, nul n'y comprendrait goutte ?

— Ami, je n'entends pas être si résolu : On arrive à l'absurde en suivant l'absolu ;

Mais je dis qu'en cela comme en bien d'autres choses Le jour n'est mesuré qu'à très-petites doses ; Que le crible du temps, la grande autorité, IV'ut conserver un sot pour la r30stérité ;

Qu'à l'éloge banal la lèvre accoutumée

De livres jamais lus soutient la renommée ;

Que l'esprit de parti, d'école, bien des fois

Élève le commun aux honneurs du pavois.

Et traîne sur la claie un talent véritable;

Que le public souvent est d'un goût détestable;

Qu'une œuvre débraillée est sûre du succès,

Et qu'on n'a pas besoin de l'écrire en français ;

Que Loiigin peut, malgré l'éclat de sa lanterne.

Pleurer, comme unbourgeois, sur ce pauvre Holophernc;

Qu'un esprit dans les arts beaucoup moins avancé

Peut rendre, en fait de goût, un arrêt plus sensé.

Pour éprouver le sel de sa plaisanterie,

Qui du grand Poquelin ne connaît l'Égérie ?

Dans son bon temps (j'ai lu cela je ne sais où)

Athènes applaudit au jugement d'un fou.

C'est à mon sentiment une plaisante histoire,

Et je vais, pour finir, la rimer de mémoire :

« Apelle ayant produit un chef-d'œuvre nouveau, On avait dans un temple exposé son tableau.

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