GROUPES SIAMOIS ET THIBÉTAINS
Nous ne faisons que mentionner ces deux groupes, qui appartiennent sans conteste à la division des langues monosyllabiques, avec cette diflférence que leur écriture est phonétique et non idéographique, comme celle des Chinois et des Annamites, et que leur alphabet est d'origine indoue.
C'est du dévânaguéri presque pur.
Ces langues ne connaissent ni la déclinaison, ni la conjugaison, ni le genre, ni le nombre dans les noms; ils remédient à cela par les procédés que nous avons déjà indiqués.
Comme traditions cosmiques et religieuses, c'est encore à l'Inde bouddhiste qu'il faut remonter pour expliquer les croyances de ces peuples, dont la littérature et les arts n'ont absolument rien d'original ; tous les ouvrages que possèdent les Siamois, et les
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Thibétaius, en dehors de la traduction des livres sacrés des Indous, sont d'une infériorité marquée.
Leurs productions artistiques sont au-dessous de celles des Chinois.
Leurs wats ou temples sont nombreux et bien entrenus, et desservis parunnombre de prêtres réellement extraordinaire. Le culte de Bouddha y est enfermé dans une discipline sacerdotale, que l'on ne peut comparer dans la hiérarchie de ses membres et la forme de ses cérémonies qu'au catholicisme romain. Mais ses prêtres sont d'une ignorance crasse, ils vivent d'aumônes forcées, car tout le monde doit y contribuer de par la loi, mènent une vie paresseuse et nulle dans de vastes monastères, et passent leur temps à réciter des prières en langue pâli, à laquelle aucun d'eux ne comprend absolument rien.
Tout individu, quelle que soit sa situation, est obligé d'exercer les fonctions de prêtre au moins pendant trois mois dans le cours de sa vie. Mais ses maîtres ne lui enseignent que ce qu'ils savent, c'està-dire de ridicules cérémonies dont ils ont entièrement perdu le sens.
Toute la vie du Siamois et du Thibétain n'est qu'un sacrifice constant à des formules incomprises.
En résumé, ce ne sont que deux peuples de plus,
98 LES TRADITIONS INDO-ASIATlQUES.
qui, par des causes fatales que nous allons chercher à étudier, sous le double rapport du langage et de la civilisation, se sont, à peine sortis de l'enfance, arrêtés dans la voie du progrès.