‹ Les traditions indo-asiatiquesChapitre 13 sur 65 · Schleicher. — Hovelacque : Linguistique · texte numérisé non relu

Schleicher. — Hovelacque : Linguistique

ilO LES TRATITIÔNS INDO-ASIATIQUES.

fonctions, la locomotion par exemple, Volfaction^ la vi^ sion, ou encore la digestion, la circulation. Et non-seulement il cherche et détermine les lois normales propres à ce phénomène, mais encore il découvre et caractérise les altérations véritablement pathologiques qui se présentent maintes fois durant le cours de la vie des langues. »

Lorsque sortant de ce domaine que vous avez circonscrit vous-même, la linguistique s'érige par votre fait en grand critérium historique et ethnographique, elle ne fait plus de la science exacte, de la science physiologique et naturelle , suivant vos expressions ; elle tombe dans ces raisonnements aventureux et ces affirmations à priori dont vos adversaires, les gens du sentimentalisme^ ont tant abusé. -Est-ce à dire qu'à notre tour nous affirmions par des 'procédés identiques et d'une manière absoluQ l'existence d'un berceau commun qui aurait abrité les premiers pas de tous ces peuples?

Nullement.

Nous ne nous cantonnons pas dans un ordre de preuves spéciales.

Arriverons - nous jamais, nous l'avons déjà dit autre part, à connaître le secret de notre origine? La terre a-t-elle été peuplée successivement par plusieurs races difiTérentesî Tous les hommes et tous

LES LANGUES. lll

les peuples de la race blanche au moins sont-ils au con- Iraire les produits d'un type uniforme, dont les variations doivent être attribuées au climat, à la nourriture, à la vie nomade ou sédentaire, primitive ou civilisée? Ce sont là autant de problèmes que tous, naturalistes, physiologistes, philosophes, historiens et linguistes, ont le droit et le devoir de travailler à résoudre.

Il est vrai que jusqu'à ce jour ils ne sont guère parvenus à s'entendre sur un principe commun, qui éclairerait et dirigerait leurs recherches.

Le philosophe spiritualiste n'accorde guère d'influence qu'à l'esprit.

Le matérialiste, qu'à la grande matière cosmique qu'il adore à l'égal d'un dieu.

Naturalistes et physiologistes n'étudient avec raison que les faits positifs, et ils sont dans le \rai tant qu'ils ne concluent pas en dehors de leur domaine.

Les linguistes de l'école qui nous occupe étudient, ils le disent eux-mêmes*, le phénomène du langage, comme le botaniste étudie l'organisme des végétaux.

L'historien, des faits d'agrégation sociale.

Mais aucun n'a le droit de sortir de sa sphère particulière, pour conclure dans le général et porter un jugement d'ensemble.

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