Schleicher : DU deutsehe sprache. Introduction
L'historien, par exemple, n'a pas plus le droit de dire : Tels et tels peuples, depuis les temps les plus reculés, ont eu les mêmes périodes d'évolution historique, la même vie sociale... donc ils parlaient les mêmes langues ;
Que le linguiste n'a le droit d'affirmer d'une manière absolue que ces mêmes peuples, parlant des langues à racines irréductibles, n'appartiennent pas à la même race.
L'ethnographie seule, en examinant le résultat des travaux du naturaliste, du physiologiste, du philosophe, de l'historien et du linguiste, peut proposer des conclusions générales...
Nous disons proposer et non affirmer, car, sur le terrain de l'origine des races et des langues, les prémisses scientifiques faisant absolument défaut, il sera toujours impossible d'arriver à une conclusion scientifique.
La question de Thomme-singe, posée comme résolue par certains linguistes et anthropologistes, qui en font la base de leurs études et par elles résolvent le problème, prouve simplement qu'il faut fuir partout, aussi bien chez les gens qui se réclament de la science pure que chez ceux qui font de la science aveclar^W/afto»... le raisonnement systématique et la science d'école.
D'après ces linguistes, il y aurait sur le globe au-
tant de races d'hommes que de langages à racines irréductibles.
Et, en tête de chaque race et de chaque langage différent, se trouverait un primate ou gorille perfectionné qui serait arrivé à la dignité d'homme par la conquête de ce langage.
Dans l'espèce qui nous occupe, les Chinois, Annamites, Siamois, Birmans, Thibétains et autres peuples du groupe, parlant des langues dont les racines sont irréductibles, on devrait en conclure que chacun de ces peuples a droit à un ancêtre spécial, à un chimpanzé perfectionné.
• Et nous aurions alors
Le chimpanzé chinois, le chimpanzé annamite, etc. . .
Et voilà ce que prêchent sérieusement toute une classe de gens, aux allures graves, qui ne perdent aucune occasion de ridiculiser les vieilles métaphy-^ siques du passé.
Qu'on ne nous accuse pas d'exagération. Nous citons*.
« L'histoire nous apprend qu'un grand nombre de familles linguistiques se sont éteintes sans postérité; cela est le fait de la concurrence vitale, qui s'applique à la nature entière, et toujours et partout. Plus nous remontons dans le cours des âges, plus