VERBE PASSIF
PRÉSENT
Je suis scalpé Indàvé-ekoua.
Tu es scalpé Eédàvé-ekoua.
Il est scalpé Avé-laoua.
Nous sommes scalpés. Kédavé-ekoua.
Vous ôtes scalpés Kédavé-ekoha.
Ils sont scalpés Avé-haouaké.
PASSÉ
J'ai été scalpé Indavé-néhékoua.
Tu as été scalpé Eidavé-néhékoua.
Il a été scalpé Ave vé-haoua.
Nous avons été scalpés Eidavé-nehekonoua.
Vous avez été scalpés . Kidavé-nehékoua.
Ils ont été scalpés. . . . Avévé-baouaké.
FOTUR.
Je serai scalpé Indavé-heko-kàté.
Tu seras scalpé. ..... Kedové-heko-kâte.
n sera scalpé Avé-haoua-kàté.
Nous serons scalpés . . Kédavé-hekomena-kâté.
Vous serez scalpés . . . Kedavé-hekomo-katé,
Ils seront scalpés .... Avé, haouaké-katé.
Nous ne donnons ces deux verbes qu*à titre d'exemple, il ne faudrait pas les prendre comme
type de conjugaison, car tous les verbes de ce dialecte, sont essentiellement îrréguliers dans leurs formes.
Ces conjugaisons ne sont guère du reste que des noms, précédés de préfixes ou suivis de suffixes, inquant le temps, la manière d'être, la possession.
Il nous serait impossible de passer en revue tous les dialectes de l'Amérique septentrionale, il nous suffit d'avoir indiqué la place qu'ils occupent dans la classification des langues, et surtout, ce qui est le plus important pour nous, que la tradition asiatique se rencontre encore vivante chez les peuples qui les parlent. Sans ces traditions en effet, dont nous étudions la marche par le langage, nous n'eussions fait, sans autres détails, qu'indiquer ce groupe.
Une grande partie des idiomes de l'Amérique médionale en sont encore à la forme monosyllabique. M. Burton et le savant Pallas, ont constaté au siècle dernier de grandes ressemblances entre le dialecte •dont nous venons de parler, et certains idiomes du nord de l'Asie.
Il ne paraît pas que ces indigènes aient conservé, si jamais ils l'avaient apporté de leur lieu d'origine, un moyen de transmettre leur pensée et leurs traditions. Quelques voyageurs ont voulu voir dans d'informes dessins rencontrés chez eux des souvenirs hiéroglyphiques, mais les tribus chez lesquelles on
les a rémarqués, grossièrement gravés sur du bois ou de la pierre, n'en possédaient plus le sens. Ainsi les Tottahs-Veddahs de l'Inde., dont nous venons de parler, ne comprennent plus les signes, qu'ils continuent à graver machinalement sur leurs poteries, et les rares instruments dont ils ont conservé l'usage.
La vérité est que les peuplades de l'Amérique n'ont plus ni moyens de transmissions, ni monuments, et que les grandes ruines, chargées d'inscrip" tions mystérieuses, qu'on a découvertes depuis peu dans le pays, si elles peuvent être portées à Tacquis de leurs ancêtres, n'ont plus aucuns rapports avec l'état présent de leur civilisation.
Ainsi les tumulus et les grandes lignes de défense, rencontrés dans les environs de Cincinnati, de Lexington, ne peuvent lui être attribués, et l'âge de ces ruines, supputé par les cercles internes de végétatation, que l'on a pu compter dans les arbres qui ont passé au milieu d'elles, reportent ces constructions à une époque reculée de plus de deux mille ans.
Chipawas, Delawares, Pauwnies, Gomanches, tous les habitants des contrées supérieures, auront bientôt disparu devant les envahissements de la civilisation moderne; dans cinquante ans, les primitifs habitants des grands lacs , réduits aujourd'hui à quelques familles, n'existeront plus 5 ils auront em-
porté dans la tombe le secret de leur véritable origine.. ••• Qui donc alors, devant cette poussière muette, pourra déchiffrer cette page mystérieuse de l'histoire de l'humanité, sur laquelle il n'y a plus rien d'écrit?
LES LANGUES. ISS