PASSIF
Dibîsoué je suis appelé.
Ubizoué tu es appelé.
Ebizoué il est appelé.
Sabizoué nous sommes appelés.
Nebîzoué vous ôtes appelés.
Pabizoué ils sont appelés*
162 LES TRADITIONS INDO-ASIATlQUES.
Avec la suffixe nat le verbe devient interrogatif . Dibizna, appelè-je.
Le négatif s'exprime de la manière suivante :
Audibiza je n'appelle pas.
Akabiza tu n'appelles pas.
Atibiza il n'appelle pas.
Asibiza nous n'appelons pas.
Nosibiza vous n'appelez pas.
Pakabiza ils n'appellent pas.
Le verbe reçoit toujours pour préfixe la première lettre ou la première syllabe de son sujet.
Ainsi :
HAMBA - MARCHER.
Ountana-oubamba . . . l'enfant marche.
Indodo-ihamba l'homme marche.
loshi-iahamba le cheval marehe, etc..
Les adjectifs reçoivent des préfixes analogues des substantifs qu*ils qualifient.
Les autres dialectes de la Cafrerie se rapprochent tous plus ou moins de la langue kousa, dont ils paraissent n'être que des dérivés. Les principaux sont le sichouana et le damara.
Voici , à titre de comparaison comme pour le groupe Hottentot, les noms des dix premiers nombres dans les trois langues. Nous les empruntons aux ouvrages de Sparrmann, de Thunberg, de Le Vaillant, de Barrow, de Lichtenstein, de Burchell, de Campbell, de Kay et de Hoeffer.
Ihnjé Mougaheeta.. Emouage.... Un.
Mobiné Baburi Embaré . Deux.
Malhertou . * . . Tharro Datou Trois.
Maai Invi Eve Quatre.
Eori Maslauou .... Hautchanou . Cinq.
Sikaua T'hanno Imbomé Six.
Sithardathan . Liasjupa Imbombari.. Sept.
Thoba Arrivui lonbomdatou Huit.
Mamani ...... Quabera Imboéné Neuf.
Saoumé Ghoumé Ilimorony . . . Dix.
M. Thompson, qui a constaté également la ressemblance générale de tous les dialectes de cette côte, ajoute :
« Je n'entends pas décider jusqu'où ces afiSnités de famille et de langage s'étendent dans le nord, mais j'ai vu un vocabulaire de l'île d'Anjouan et des Comores fait par un missionnaire qui y a résidé ; il en résulte que ces insulaires, et probablement aussi les tribus aborigènes de Madagascar parlent un dialecte qui a une relation intime avec ceux de la Cafrerie et de Mozambique. »
Nous ajouterons : et peut-être aussi avec la langue primitive des vieilles populations tamoules de Ceylan et de l'Indoustan.
Quelques linguistes, quelques indianistes surtout, s'étonneront peut-être de nous voir confondre les autochthones de Ceylau et ceux du sud de l'Inde. A
i64 LES-TRADITIONS INDO-ASIATIQUES.
cela nous répondrons que notre hypothèse se pla^e bien avant l'extension du pouvoir brahmanique, des rives du Gange au sud de l'Indoustan et à Ceylan, bien avant la conquête que la légende du Ramayana est destinée à célébrer.
Tous les voyageurs ont constaté la complète ressemblance, des quelques tribus sauvages qui restent encore dans les montagnes de la côte malabare, et qui sont bien des autochthones demeurés réfractaires à la civilisation, avec celles qui errent dans les provinces accidentées de l'est de Ceylan.
Elles sont connues du reste dans les deux contrées, sous le même nom, celui deTottah-Veddahs.
L'examen de la population actuelle de l'île de Ceylan démontre que quatre races différentes se sont amalgamées pour la former :
1° Les Tottahs-Veddahs ou autochtones,
2° Les Tamoules du sud de l'Indoustan.
3° Les Arabes.
4® Les indigènes de Madagascar, des Comores et des Seychelles..
Malgré l'éloignement apparent de ces derniers, les signes ethnographiques qui signalent leur présence à Ceylan sont indiscutables.
Nous avons parcouru nous-même l'île de Ceylan et les montagnes de la côte malabare, à pied, avec une modeste charrette à bœufs, couchant dans les
LES LANGUES. i65
villages et vivant de la vie des indigènes, et nous pouvons affirmer qu'il est impossible de distinguer un Cafre d'un Tottah-Veddah et d'un Tamoul quelconque, quand son sang n'est pas mélangé.
Il n'y a en effet, entre le Tamoul de pure race et le Tottah-Veddah, que la diflférence, qui résulte de leur genre de vie, et la distinction que l'on peut établir entre le coureur des bois et l'agriculteur. Pour nous, le Tottah-Veddah est un Tamoul qui n'a pas voulu abandonner la vie sauvage pour la vie civilisée. Quel est le degré de parenté qui existe entre ces races et celles de la côte orientale d'Afrique, connues sous le nom de Cafres ? Nous avons signalé les points de contact, les traditions communes... au delà il nous est impossible de rien affirmer... il y a longtemps que la nuit des siècles a étendu son voile sur ces questions d'origine.