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CHAPITRE IIL

DE LA NÉCESSITÉ, POUR LES INDOUS ET LES SÉMITES, DE SE CHOISIR UNE FEMME DANS LEUR LIGNÉE.

« Que le dwidja (Indou deux fois né, c'est-à-dire régénéré par la science) qui a terminé ses études, se choisisse une femme dans sa caste et pourvue des signes convenables. »

(Manou, liv. III, sloca 4.)

« L^obligation de se choisir une épouse dans sa caste et même dans la famille à laquelle il appartient, fut de tout temps imposée à Flndou. »

(Dubois.)

L'expression de famille doit s'entendre ici dans le même sens que les Romains attachaient à celui de gens.

L'Indou est tellement attaché à cet usage, dont la

coutume religieuse lui fait une loi, que quand il est établi en pays étranger, on lui voit faire souvent quatre à cinq cents lieues, pour revenir au pays natal , chercher des femmes pour ses fils et des maris pour ses filles. Celui qui n'agirait pas ainsi serait immédiatement chassé de sa caste et de sa famille.

Cette coutume fut générale également chez les Chaldéens.

Le livre des Nombres l'imposa aux Juifs.

« Ne commisceatur possessio filiorum Israël de tribu in tribum ; omnes enim viri ducent uxores de tribu et cognatione sua; et cunctae fœminae de eadem tribu, maritos accipient... ne sibi misceantur tribus. Etc., etc. » (Voir n^ 36, v. 6, 7, 8, 9, 10 et 11.)

Dans la légende d'Abraham, venue de la Chaldée, nous voyons que ce dernier épousa sa nièce, et qu'il fit venir de loin une fille de sa parenté pour son fils Isaac. On sait que celui-ci et sa femme Rébecca ne pardonnèrent jamais à leur fils Ésaû de s'être marié avec des femmes étrangères, c'est-à-dire des Chananéennes. Ésaû même y perdit son droit d'aînesse.

Aussi Isaac eut-il bien soin d'envoyer son second fils Jacob dans une contrée fort éloignée du lieu où. il habitait, se choisir une femme dans sa lignée.

Ces faits, ce nous semble, sont essentiellement caractéristiques de la race et de la famille.

ETIUIOGRAPHIË DES DEUX RAGES. 27i

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