DE QUELQUES AUTRES COUTUMES J>B MARIAGE
Swayambhouva, en divisant son corps en deux parties, mâle et femelle, créa Thomme mâle et femelle également, mais ils sont deux parties du même corps, répoux et l'épouse ne formant qu'un seul corps.
(Prescriptions brahmaniques du Nittia Carma.)
« Relinquet homo patrem suum, et ma^trem, et adhaerebit uxori suae et erunt duo in carne una. »
(Genèse, ii, v. 24).
Chez les Indous, tous les jeunes gens sont mariés dès l'âge de seize ans, celui qui ne satisferait pas à cette coutume serait noté d'infamie et repoussé de sa caste, comme ne payant pas la dette des ancêtres qui est la procréation d'un fils pour l'accomplisse-
ment sur la tombe du père de famille, des cérémonies funéraires, et l'offrande du sacrifice aux mânes.
Toutes les jeunes filles sont fiancées dès la plus tendre enfance, mais elles ne sont conduites à leurs époux, que quand elles sont arrivées à l'âge de puberté.
Lfs Hébreux mariaient aussi leurs enfants de bonne heure; tout garçon qui n'était pas marié avant dixhuit ans, péchait contre le principe biblique «Croissez et multipliez», il pouvait se marier dès qu'il avait dépassé sa treizième année. Les filles étaient aussi fiancées dès leur bas âge, mais on ne les mariait qu'à rage de la puberté.
Chez leslndous, le mariage des veuves était sévèrement interdit.
Chez les Juifs, la prohibition n'était point aussi formelle, mais celles qui conservaient pieusement leur veuvage, étaient beaucoup plus honorées que les autres pendant tout le cours de leur vie.
Dans rinde, une des cérémonies du mariage consiste, pour les deux époux, à placer devant eux une corbeille pleine de graines de riz et à se les répandre mutuellement sur la tête.
Chez les Juifs, on répandait également sur la tête des deux époux, des graines de froment, mais avec plus d'abondance sur la femme, en prononçant ces paroles de l'Écriture : « Croissez et multipliez ». Les
Juifs d'Orient pratiquent encore cette cérémonie de nos jours.
11 est une autre coutume fort curieuse que nous avons nous-mêmes observée pendant notre séjour dansl'Inde, mais nous laissons sur ce sujet la parole à Dubois qui en rend compte de la manière suivante :
« Les dépenses du mariage sont considérables dans rinde. On voit surtout dans toutes les castes plusieurs jeunes gens dépourvus des moyens de les faire qui, pour se procurer une femme, ont recours au même expédient que celui dont usa Jacob avec Laban. De même que ce patriarche, Tlndou sans fortune entre au service d'un de ses parents ou de toute autre personne de sa caste qui a des filles à marier, et il s'engage à le servir, pendant un certain nombre d'années, à condition qu'au bout de ce temps il obtiendra la main d'une de ses filles. Le terme convenu étant expiré, le père remplit ses engagements, fait de ses deniers tous les frais du mariage, et permet ensuite aux deux époux de se retirer où bon leur semble. En les congédiant, il leur donne une vache, une paire de bœufs, deux vases de cuivre, l'un pour boire, l'autre pour manger, et une quantité de grains suffisante pour se nourrir durant la première année de leur ménage. Mais ce
qu'il y a de remarquable, c'est que le nombre d'années de service requis dans l'Inde pour avoir une femme à ces conditions est le même pour lequel Jacob s'engagea à servir Laban, c'est-à-dire sept ans. (Gen., XXIX, v. 20.) »
Nous ajouterons que, dans toutes les familles pauvres, le père est dans l'habitude, po\ir .éviter à ses fils le désagrément de voir retarder leur mariage au delà de de l'âge viril, de les placer comme pâtres chez des parents plus aisés, dès Tâge de huit à neuf ans, en posant comme condition qu'ils fianceront de suite leurs jeunes serviteurs avec leurs filles de quatre ou cinq ans, et qu'au bout de sept ans de service, ils feront tous les frais de mariage et les cadeaux accoutumés.
Dans les mariages ordinaires, Tlndou est obligé non-seulement de supporter toutes les dépenses du mariage, mais encore il doit payer, selon sa fortune ou sa caste, une certaine somme au père de sa fiancée ; de là, se marier ou acheter une femme sont deux expressions synonymes dans l'Inde.
Même coutume chez les Hébreux où le mari était également obligé de donner des présents souvent considérables à son beau-père.
^ Sichem dit au père et aux frères de la fille : im-
posez-moi un grand douaire et de grands présents, et je les donnerai comme vous me direz, et donnezmoi la jeune fille pour femme. »
[Gen.^ chap. xxxiv, v. 11 et 12.)
Voir aussi Genèse, chap. xxxi, v. 15; Rois, chap. XXIII, V. 15, et Osée, chap. m, v. 2.
Toutes ces coutumes, les Sémites hébraïques les tenaient des Sémites chaldéens, leurs ancêtres. Pourrait-on soutenir que leur parfaite concordance avec celles de l'Inde est un effet de pur hasard... toute critique historique et ethnographique serait alors impossible.
n n'y a qu'un moyen de les expliquer... un berceau commun.