LES EFFETS DE LA MALÉDICTION ET DE LA BÉNÉDICTION DU PÈRE DE FAMILLE
La bénédiction ou la malédiction du père de famille avait, dans l'Inde, d'après la croyance générale, des effets extraordinaires, elle suivait, en effets heureux ou malheureux, les enfants qui en avaient été Tobj et jusque dans leur descendance la plus reculée. Les livres sacrés sont pleins de récits, de la prospérité ou des châtiments extraordinaires qu'elles ont entraînées.
Les mêmes idées avaient cours chez les Sémites.
On sait les effets que produisirent la malédiction de Noé contre son fils Cham, et la bénédiction accordée à Sem et à Japhet.
On connaît également le prix qu'Esaû et Jacob attachèrent à la bénédiction de leur père Isaac, bé-
nédiction qui eut le pouvoir de reporter le droit d'aînesse sur le cadet»
L'acte de se faire précéder par un héraut qui crie devant les populations, les louanges de son maître, est également d'origine indoue.
« L'usage, dit Dubois, où sont les personnes de haut parage, gourous, rois, princes et gouverneurs de province de se faire précéder dans leur marche par des. crieurs qui chantent leurs louanges, est général dans l'Inde. Ces crieurs font un long étalage de la noble origine de leur maître, de l'élévation de son rang, de son pouvoir sans bornes, de ses vertus, de ses excellentes qualités, et avertissent le public de rendre à un si grand personnage les honneurs et les hommages qui lui sont dus.
« Cet usage d'origine indoue a été adopté par les princes mahométans après l'établissement de leur domination dans l'Inde. Il paraît aussi d'après les témoignages des auteurs sacrés et profanes, que cette coutume existait également parmi les Hébreux. Voyez Genèse, chap. xli, v. 43; Esther, chap. VI, V. 8, et plusieurs autres passages de l'Écriture, où ces crieurs sont désignés sous le nom de prœcones, »