‹ Les traditions indo-asiatiquesChapitre 46 sur 65 · INANIMÉES · texte numérisé non relu

INANIMÉES

Le sacrifice du homam est un privilège spécial des brahmes, et ces derniers doivent l'offrir au moins une fois tous les jours.

Ge sacrifice a le feu pour objet.

Il se fait en allumant un brasier que Von consacre par des prières et dans lequel on jette des petits morceaux de bois de l'un des sept arbres reconnus comme sacrés dans la mythologie brahmanique. On y répand ensuite un peu de beurre clarifié et du riz bouilli , en accompagnant ces offrandes des mentrams, ou prières d'usage.

Deux fois par an ont lieu, dans toutes les pagodes^ de grandes fêtes en l'honneur du feu, pendant lesquelles une foule d'Indous viennent consacrer leurs

fils et leurs filles au service du temple et à Tentretien du feu sacré. Les garçons deviennent les musiciens du culte, et les jeunes filles reçoivent le~nom de devadassi ou danseuses célestes (bayadères).

On sait à quel point le culte du feu fut en honneur chez les Perses et les Ghaldéens, qui y consacraient également, chaque année, une foule de jeunes garçons et déjeunes filles.

Les Sémites hébraïques possédaient les mêmes coutumes, ainsi qu'en témoignent les deux versets suivants :

« Après cela Josiah démolit les maisons des danseuses qui étaient dans la maison de l'Éternel...

« Et il profana aussi le temple de Topheth, qui était dans la ville du fils de Hinnam , afin qu'il ne servît plus à personne pour y consacrer son fils ou sa fille.

« Il ôta aussi de la maison de l'Éternel les chevaux que les rois de Judas avaient consacrés au feu, etc.. »

• Nous avons parlé des souillures que faisait contracter aux personnes la présence ou l'attouchement d'un mort. La même souillure, et pour les mêmes causes, est encourue par les vases de terre, de cuivre ou de métal précieux, et les vêtements, et nul ne

peut s'en servip avant qu'As aient été purifiés par le lavage et Taspersion d'eau lustrale. Les brahmes poussent même le scrupule plus loin que les autres Indous, en ne permettant jamais à aucunes personnes étrangères de franchir le seuil de leur demeure, car tous les objets sur lesquels elles arrêteraieiit leur vue seraient souillés et nécessiteraient une série de purifications. Bien que l'impureté ^de ce fait soit bien moins grave que celle communiquée aux mêmes objets par le contact ou la présence d'un mort, les vases de terre souillés doivent être brisés, car ils ne peuvent jamais être purifiés.

Mêmes coutumes chez les Hébreux.

(Lévitique, ch. XI, V. 31 etsuiv.)

t( Ces choses vous seront souillées; quiconque les touchera mortes sera souillé jusqu'au soir.

« Aussi, s'il en tombe quelque chose, ayant tou- <3hé aux morts, sur quoi que ce soit, il sera souillé, soit vase de bois, soit vêtement, soit peau ou sac. Quelque vase que ce soit, dont on se sert à faire quelque chose, sera mis dans l'eau et sera souillé jusqu'au soir, et après cela il sera net.

4( Mais s'il tombe quelque chose ayant touche aux morts j sur quelque vase de terre que ce soit, tout ce

que contiendra ce vase sera souillé et vous briserez ce vase, etc.*, »

Il est clair que toutes ces questions de souillures sont constitutives d'idées religieuses communes et de manières de vivre identiques... On nous dira que ces coutumes furent en usage chez la plupart des peuples de l'Asie. . . Mais c'est précisément pour cela que nous assignons à tous les Asiatiques le même berceau, car il nous est impossible d'imaginer qu'une foule de ces prescriptions, souvent les plus puériles, n'aient germé en même temps dans le cerveau de deux peuples de races différentes, surtout lorsque ces prescriptions n'ont aucune raison d'exister dans un sens plutôt que dans un autre.

Dites-moi, par exemple, que le bouddhisme, en Corée et au Japon, ne prouve pas nécessairement, bien qu'il soit la religion de ces deux contrées, que leurs habitants soient originaires des lieux où le bouddhisme a pris naissance...

Et je répondrai : Vous avez raison, ce n'est pas une preuve absolue ; on peut soulever les masses avec une réforme religieuse, et leur faire -adopter avec enthousiasme un culte nouveau.

Mais montrez-moi deux hommes, un Sémite et un Indou, qui possèdent des centaines de coutumes semblables à celle qui consiste à briser son vase de

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terre, dans lequel on apportait de Teau, sur le passage d'un convoi mortuaire, parce que la seule présence du mort a souillé ce vase d'une manière irrémissible... et je vous répondrai : Ces deux hommes sont de la môme race, ils se sont développés avec les mêmes idées originelles.

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