DIVISION MORPHOLOGIQUE DES LANGUES
Le langage est rexpressîon de la pensée manifestée par la parole.
L'homme, tel qu'il est, et sans s'occuper de ses prétendus précurseurs, possède tous les facultés intellectuelles et toutes les aptitudes physiques, nécessaires à la construction du langage ; l'histoire Ta vu, du reste, compléter constamment son œuvre, il n'y a donc pas lieu de chercher au langage un autre créateur que l'homme lui-même.
Les langues sont les formes diverses que le langage affecte, selon les temps, les lieux, les civilisations et les peuples.
6â LES TRADITIONS INDO-ASIATIQUES.
Considérées au point de vue de leurs formes constitutives, les langues peuvent se diviser en trois classes :
1® Les langues monosyllabiques.
Dans cette forme du parier^ tous les mots sont racines, toutes les racines sont invariables, et le rôle des mots dépend uniquement de leur place dans la construction de la phrase.
2® Les langues agglutinantes.
Dans cette forme, deux racines s'unissent pour composer un mot, Tune reste radicalement invariable, et le rôle de l'autre se réduit à une simple désinence.
3® Les langues organiques, appelées aussi amalgamantes ou à flexion.
Dans ces langues, la racine principale du mot admet l'altération phonique aussi bien que ses désinences.
Quelques linguistes ont imaginé une quatrième' classe de langues qu'ils ont appelées :
Langues paly synthétiques^
Et dans lesquelles on ferait rentrer la plupart des dialectes encore mal étudiés de l'Amérique.
Nous devons dire que le nombre des racines qui se. réunissent pour composer un mot ne signifiant rien, quant à la forme constitutive de ce mot, cette quatrième division ne correspond à aucune classe
particulière de langues, et dès lors nous semble absolument inutile.
Chaque langue, considérée dans son génie particulier et original, prend le nom d'idiome, principalement quand elle est réfractaire aux emprunts étrangers.
Les dialectes sont les dérivés d'une langue qui ont conquis à leur tour leur grammaire et leur littérature propre.
Les patois sont des dialectes en retard de formation ou dégénérés par l'apparition d'une langue commune.
Le grec a eu ses dialectes :
L'ionien, Tattique, le dorien et réolien.
Le français a eu le normand , le picard et le bourguignon.
L'italien a eu le toscan, le roman, le sicilien, le yénitien.
La plupart des langues anciennes et modernes ont eu également de nombreux dialectes.
L'allemand est un des plus riches en ce genre.