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CLASSIFICATION DES LANGUES, BASÉE SUR LEURS AFFINITÉS

Les travaux des Schlegel, des Burnouf, des Pritchard, des Bopp, Grimm, Benfey, Kuhn, Curtius, Régnier, Renan, Max, MuUer et Hovelacque permettent de classer les langues, d'après leurs affinités, de la manière suivante, mais sans que cette classification, basée sur leurs formes constitutives, puisse en rien influer sur les questions d'histoire et d'ethnographie qui conservent leur indépendance.

1® Les langues indo-européennes.

2^ Les langues sémitiques.

3<^ Les langues touraniennes (expression fausse à tous les points de vue, et dont nous ne nous servons que pour suivre l'usage).

4<> Les langues du groupe siamo-chinois.

Langues indo-européennes

Division méridionale.

I** Les langues indoues.

2^ Le samscrit dans ses formes anciennes et modernes, — le pâli, — le prakrit.

Les langues néo-indoues.

Uindoustani, — le bengali, le mahratte, etc.

2'® Les langues iraniennes.

Zend, — pehlyi, parsi, persan.

Kourde, — arménien.

Division septentrionale.

1° Les langues celtiques.

Le carnique, — le breton, le gallois, l'irlandais, — le gaélique et le dialecte de l'ile de Man.

2® Les langues grecques :

Le grec ancien, — dorien, — éoUen, — ionien, — attique, — le grec moderne.

3^ Les langues latines :

L'osque, — le latin, — Tombrien.

Les langues néo latines :

L'italien, — le provençal, — le français, — l'espagnol, — le portugais.

Le valaque, — le romanche.

4® Les langues albanaises.

5° Les langues teutoniques :

L'ancien haut-allemand, — le "moyen haut-allemand, — le bas-allemand.

Langues néo-teutoniques.

L'anglais, — le frison, — le hollandais, — le Scandinave, — le danois, — le suédois, — l'irlandais.

6° Les langues slaves, — le celte, — le lithuanien, — le polonais, le bohémien, — le tchèque, — le russe, le serbe, le croate.

Langues sémitiques.

1 ° Les langues araméennes :

Le chaldéen, — le syriaque, — inscriptions cunéiformes, — néo-syriaque.

2° Langues chananéo hébraïques :

L'hébreu, — le samaritain, — le carthaginois et le phénicien.

3° Les langues arabiques :

L'arabe, — l'abyssinien.

4° Les langues ehamitiques :

L'égyptien, — l'éthiopien, — le lybien.

Langues agglutinâmes improprement appelées touran-ennes.

Nous donnons cette classification d'après M. Ho-

yelacque, qui nous paraît avoir le mieux résumé les travaux les plus sérieux sur la question.

Le japonais, — le coréen.

Les langues maléo-polynésiennes, — le mélanésien, — le polynésien.

Le malai. -

La langue des Papous.

Les langues australiennes.

Les langues africaines.

Le Poul.

Les langues nubiennes.

Les langues du Caucase.

• Les langues tamoules et cynghalaises.

Les langues du Beloutchistan.

Les langues basques.

Les langues américaines.

Les langues ouralo-altaïques. — Groupe samoyède. — Groupe finnois. — Groupe turc. — Groupe tongouze. — Groupe mongol.

Les langues de la primitive Chaldée, improprement appelées accadiennes ou touraniennes, quoiqu'imparfaitement étudiées encore, sont rangées parmi les agglutinantes.

Langues siamo-chinoises.

Le chinois. — L'annamite. — Le siamois. — Le birman et le thibétain.

Plusieurs langues ne sont pas suffisamment connues pour ôtre classées dans aucun de ces groupes. On les désigne sous le nom de langues hyperboréennes, parce qu'elles sont parlées dans lés régions arctiques.

Avant d'exposer notre théorie sur la naissance et la marche des langues, du monosyllabisme à la flexion, et d'examiner si réellement ces divers par- 1ers s'opposent à ce que les Indo-Asiatiques, les Indo-Européens et les Sémites puissent appartenir à la même race, nous allons indiquer rapidement la situation actuelle de ces différents idiomes, d'après les travaux de linguistique les plus récents.

Nous suivrons dans cet exposé très-sommaire qui n'a que la prétention de constater et non de résoudre des problèmes particuliers de linguistique, l'ordre adopté par M. Hovelacque, qui est un guide aussi savant que sûr, toutes les fois qu'il ne se laisse pas aller en dehors de la linguistique pure, à affirmer l'existence de Vhomme-singe comme un fait indiscutable, au lieu de le présenter comme une ingénieuse hypothèse.

Les langues monosyllabiques d'abord,

Les langues agglutinantes ensuite,

Puis les langues à flexion.

Cette marche nous paraît du reste la plus logique.

puisqu'elle semble présenter dans un ordre naturel :

Les langues monosyllabiques, — les langues dans Tenfance.

Les langues agglutinantes, — les langues dans Tadolescence.

Les langues à flexion, — les langues dans Fàge mûr.

En dressant ce catalogue des langues et surtout des peuples qui les ont parlées et les parlent, nous examinerons ce qu'aucun linguiste et ethnographe n'a encore fait, quelles ont été chez chacun de ces peuples :

1o Les traditions génésiques.

2° Les conceptions religieuses et philosophiques.

3® Quel est le niveau artistique et littéraire qu'ils ont atteint.

4° Enfin sous quelle forme de gouvernement ils ont vécu.

Cette étude nous conduira peut être à comprendre comment il se fait que, parmi ces peuples, les uns se sont cantonnés dans le monosyllabisme, les autres dans l'agglutination, tandis que d'autres se sont élevés jusqu'à la flexion.

Par là aussi, nous verrons peut-être également, * que la question de la pluralité des races résolue par celle de la pluralité des langues, doit plutôt être pru-

demment restreinte à quelques groupes, qu'étendue indéfiniment à tous.

Dans la troisième et dernière partie de cet ouvrage nous revendiquerons énergiquement, à l'aide de preuves nombreuses, tirées de leurs traditions communes, un berceau commun pour les Indo-Asiatiques et les Sémites qui appartiennent au groupe le plus élevé des langues qui se sont parlées dans le monde.

Nous verrons que si les radicaux du parler spécial de ces peuples sont irréductibles à une forme commune,^ toutes leurs traditions religieuses, toutes leurs conceptions philosophiques, toutes leurs coutumes, toutes les choses qui constituent enfin ia vie de l'homme et d'un peuple, sont, si nous pouvons nous servir de cette expression, réductibles à une forme de civilisation commune.

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