CHAPITRE XIV
LE NOMBRE SEPT DANS l'iNDE ET CHEZ LES SÉMITES HÉBRAÏQUES.
I.e nombre sept fut dans llnde un nombre fatidique; on peut juger de la haute estime dont il jouissait par une foule de lieux et de noms d'objets d'une profonde vénération, et qui vont toujours par sept, tels que : *
Sapta-richis, les sept sages.
Sapta-poura, les sept cités saintes.
Sapta-douipa, les sept îles saintes.
Sapta-samoudra, les sept mers saintes.
Sapta-nady, les sept fleuves sacrés.
Sapta-parvata, les sept montagnes saintes.
Sapta-arania, les sept déserts sacrés.
Sapta-vrukcha, les sept arbres sacrés.
i,Christna$tle Christ,
Sapta-coula, les sept castes.
Sapta-loca, les sept mondes inférieurs et supérieurs.
Les sannyasis et les yanaprasthas portaient un bâton et une corde à sept nœuds, ce bâton à sept nœuds des fakirs leur servait â prédire l'avenir, à tracer des figures sur le sable en interrogeant les astres, et à trouver des sources pendant la saison sèche, si terrible dans llnde.
C'est rinstrument de la rabdomancie, ou divination parla baguette, que nous retrouvons entre les mains des magiciens de Pharaon, de Moïse, d'Aaron, . d'Elisée et de tous les prétendus prophètes ou magiciens.
Le nombre sept est également fatidique dans les croyances religieuses des Sémites hébraïques.
Jeovah se repose le septième jour de la création.
Les terres doivent se reposer tous les sept ans.
Les murailles de Jéricho s'écroulent au bruit de sept trompettes, sonnées par sept prêtres pendant sept jours.
Les Hébreux entrent dans la ville après en avoir fait sept fois le tour.
Le grand chandelier d'or du temple a sept branches dont les sept lumières représentent les sept planètes.
Jean ,dans son rêve mystérieux de l'Apocalypse,
ramène tout également au nombre de sept. Il parle de sept Églises, de sept chandeliers, de sept étoiles, sfi^pHampes, «^pf sceaux, sept anges, sept fioles, sept plaies, etc....
Ce chiflfre fut également fatidique en Chaldéo- Babylonie , comme en témoigne l'incantation suivante, dont nous empruntons la traduction à M. Lenormand.
« Le soir de mauvais augure, la région du ciel qui produit le malheur.
« Le jour funeste, la région du ciel mauvaise à l'observation.
« Le jour funeste, la région du ciel mauvaise qui s'avance.
« Message de la peste.
« Ravageurs du Nin-ki-gal.
. « La foudre qui fait rage dans le pays.
« Les sept dieux du vaste ciel.
^< Les sept dieux de la vaste terre.
« Les sept dieux des sphères ignées.
« Les sept dieux des légions cétestes.
« Les sept dieux malfaisants.
« Les sept fantômes mauvais.
« Les sept fantômes de flammes malfaisants.
« Les sept dieux du ciel.
« Les sept dieux de la terre.
a Le démon mauvais^ le atal mauvais, le gigim mauvais, le telal mauvais» le dieu mauvais, le maskim mauvais.
« Esprit du ciel, souviens-t'en ; Esprit de la terre, souviens-t'en. etc. . .
Que Ton tourne et retourne ces étranges similitudes dans tous les sens, nous défions qu'on les puisse expliquer en dehors d'une origine commune aux trois peuples. S'il s'agissait d'un ou deux faits isolés, nous comprendrions l'hésitation ou le doute, mais est-ce qu'on ne voit pas, à mesure que nous avançons dans ces comparaisons, que la civilisation dite sémitique et la civilisation indoue sont le recto et le verso de la même feuille... et dans le môme livre î
ETHNOGRAPHIE DES DEUX RAGES. 32t