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TEMPLES ET BOIS SACRÉS

Tous les peuples historiques, c'est-à-dire ceux dont les faits et gestes ont été conservés par la tradition orale ou écrite, sont arrivés à la notion d'une force supérieure, qu'ils ont parée à peu près des mêmes attributs, et à laquelle partout ils ont élevé des temples.

Ces sortes de constructions, où la superstition attire les masses, ne peuvent donc jamais constituer, par cela seul qu'elles existent, un élément caractéristique de race. Mais il peut arriver qu'une spécialité quelconque de leur architecture, un emplacement particulier, constamment choisi à l'exception de tout autre, et certaines dispositions extérieures, indiquant une tradition constamment la même, soient considérés comme un signe évident de parenté chez le» peuples qui les ont adoptés.

32i LES TRADITIONS INDO-ASIATlQUES.

• Les Indous ont toujours placé l'asile de leur crédulité dans des lieux élevés, à proximité de cours d'eau et d'étangs, et, circonstance particulière, les ont toujours entourés de bois sacrés; c'est sous leurs ombrages que les prêtres initiaient les novices aux mystères et aux jongleries inconnues de la foule, et qu'aux jours solennels les divinités venaient rendre leurs oracles.

Dans ces bocages étaient remisés les chars du soleil et l'image du lingam (le phallus), et c'est là également que se trouvaient les demeures des danseuses sacrées ou devadassi.

« Cet usage, dit Dubois, de construire sur les lieux élevés des édifices consacrés au culte religieux, a pu être remarqué par toutes les personnes qui ont voyagé dans l'Inde; il est peu de montagnes où se trouve un puits ou une source qui ne soient surmontées d'un établissement de ôe genre, et entourées d'un bois sacré. Le choix de ces emplacements n'est point dû au caprice; on sait que le même usage existe chez la plupart des nations asiatiques. »

Is .même orientaliste ajoute :

:« Les enfants d'Israël choisissaient toujours des

lieux éminenis pour s'y livrer aux exercices de leur religion, et Jéovah, prescrivant à ces derniers la conduite qu'ils devaient tenir en prenant possession de la terre de Chanaan, leur ordonne surtout de renverser les temples d'idoles érigés et autres lieux élevés « excelsa », de mettre en pièces ces idoles et d'abattre les bois sacrés « luci » dont ces édifices étaient entourés, à l'imitation des Indous ; l'Écriture revient souvent sur ces lieux élevés et sur ces plantations d'arbres. »

Il est curieux de remarquer à' quel point la situation de ces temples et de ces bois sacrés était caractéristique de l'idée religieuse et de l'antiquité de la tradition, puisque lors de la révolution religieuse acco-mplie par Josiah et Helquiah, c'est surtout à ces dispositions particulières que s'adresseront les novateurs, lorsqu'ils voulurent détruire les souvenirs du culte primitif des Hébreux.

« Alors le roi commanda à Helquiah, le grand sacrificateur, et aux sacrificateurs du second rang, et à ceux qui gardaient les vases de tirer hors du temple tous les ustensiles qui avaient été faits pour; Baal, et pour les bois sacrés....,

« Et il abolit les camars que les rois de Juda avaient établis quand on faisait des sacrifices dans les hauts lieux

9n LES TBADITiOXS IXDO-ASUTIOrES.

€ Il fit aussi emporter le bois sacréqui entourait la maison de rÉtemel hors de Jérusalem, dans la vallée d'Edron, et Fayant brûlé

« Après cela il démolit les maisons des danseuses qui étaient dans les boissacrés

« Et il profana tous les h^nis lieux depuis Gué-

bah j usqn'à Beir-Seibah

4 Et il démolit les hamis lieux qui étaient à

l'entrée des portes de Josué

« Au reste, les sacrificateurs des hauts Iteux ne montaient pas à Tautel de Jérusalem

4L Et il brûla les chars du soleil qui étaient dans les hauts lieux

4 Et il profana encore les hau's lieux qui étaient viS'à-vis de Jérusalem, à main droite de la montagne des Oliviers.

« 11 brisa aussi les phallus, coupa les bois sacrés

« 11 démolit aussi l'autel qui était à Beth-el et le

haut lieu qu'avait fait Jéroboam Il brûla le haut

lieu, le réduisit en cendres et il brûla aussi le bois sacré.....

« Josiah ôta aussi tous les hauts lieux qui étaient eu la ville de Samarie

« Et il sacrifia sur les autels tous les sacrificateurs des hauts lieux qui étaiejit là »

ETHNOGUAPHIE DES DEUX RACES. 32o

Il est inutile, croyons-nouS', d'insister ; le nom de haut lieu indiquait si bien le temple, qu'il est constamment employé seul pour désigner rédifice consacré aux dieux.

11 résulte des actes de destruction accomplis par Josias :

I^^Que les temples d'Israël, avant cette révolution religieuse, étaient constamment bâtis dans les lieucù élevés.

2^ Qu'ils étaient entourés de bois sacrés.

3** Qu'on y remisait les chars du soleil.

4** Que là aussi se trouvaient les emblèmes du phallus.

5*^ Que les danseuses y avaient leurs habitations.

Toutes choses essentiellement caractéristiques des temples de l'Inde. C'est tout ce que nous dési-. rions démontrer.

32d I,ES ïRADiTlONS INDO-ASlATIQUES.

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