CHAPITRE XXIII
LES INDOUS ET l'iNFLUENCE ÉTRANGÈRE.
Nous ne pouvons mieux terminer la revue de toutes ces coutumes, mœurs, croyances et usages communs aux Indous et aux peuples que nous prétendons issus d'eux, qu'en posant cette question :
Les Indous étaient-ils faciles à l'influence étran* gère? en d'autres termes, auraient-ils adopté successivement toutes les coutumes religieuses et civiles des peuples de l'Asie et notamment des Sémites Chaldéens et hébraïques ?
Malgré l'absurdité de cette supposition, chez un peuple qui comptait déjà ses membres par millions, alors que les autres nations de l'Asie n'existaient encore qu'à l'état de peuplade, nous croyon» devoir répondre, autrement que par le silence, parce qu'en ces derniers temps, le catholicisme aux abois, Sous les révélations de llnde, qui lui signale chaque jour
rorigine brahmaHÎque de ses -mystères, soutient dans toutes les sociétés savantes et dans tous les congrès, que la Judée a donné à l'Inde ses croyances, ses traditions, ses mœurs.
Cette opinion ne se soutient que par l'audace, l'ignorance des gens qui la mettent en avant, comptant sur la crédulité des masses, et le silence des savants officiels, que des nécessités de position, obligent à ne point rire de toutes ces prétentions grotesque?, en dehors de leur cabinet.
Aux catholiques qui font de l'Indianisme dans les sacristies nous allons opposer l'opinion d'un catholique fervent, mais honnête, d'un catholique dont on ne récusera pas l'autorité, nous voulons parler du missionnaire Dubois, qui a vécu trente ans dans rinde, et à qui l'idée n'est jamais venue de trouver sous ses pas l'influence hébraïque et chrétienne*
Constatant lui-môme les étranges rapprochemeuts qui existent entre les mœurs des Indous et celles des Hébreux, il s'exprime ainsi :
« On ne saurait contester les traits saillants de ressemblance qui existent entre un grand nombre de pratiques usitées chez les Hébreux et chez les Indous.
Mais faut-il en conclure que ceux-ci ont emprunté les leurs aux premiers? Je ne le crois pas» Si elles se
ressemblent quant au fond, elles diffèrent souvent par la forme, — différences de forme que l'éloigné* ment du berceau commun suffit à expliquer. — D'abord, rien que je sache, dans l'histoire des Égyptiens ou dans celle des Juifs, n'atteste que ces peuples aient existé en corps de nation antérieurement aux Indous. La singularité des dogmes et des rites qui nîomposent la religion de l'Inde; l'antipathie bien prononcée des indigènes pour tout ce qui tient à Vimi^ tation; leur persévérance à toute épreuve dans les idées qui germèrent parmi eux à des époques qui se perdent d'ans la nuit des temps; l'intolérance, l'orgueil, la présomption des brahmes, et surtout l'aversion et le mépris qu'ils témoignèrent de tout temps pour les étrangers et leurs usages; tout cela me porte à être convaincu que jamais les Indous n'empruntèrent rien à au^ cune autre nation.
« Tout, chez les Indous, est empreint du cachet de l'originalité et de l'indépendance : jamais ce peuple présomptueux et vain n'a pu condescendre à régler ses mœurs sur celles des étrangers envers lesquels il n'a cessé de se tenir à la plus grande distance possible. »
Sur la même question, Herder a dit :
« Les Indous furent initiateurs, et jamais imitateurs. »
Il n'y a pas lieu d'insister.