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CHAPITRE LXXXIV. — De CE QUI EST DÛ A l’hÔTE

I. 'Abdallah-ben- Amr a dit: « Le Prophète, entrant chez moi, m'adressa ces paroles : « Ne t’avais-je pas dit de veiller la nuit, et « de jeûner te jour? — Certes oui, répondis-je. — Eli bien. « ne le fais pas. Lève-toi et dors (pendant la nuit) ; jeune et romps « le jeûne (pendant le jour), parce que tu as des devoirs envers « ton corps ; tu as des devoirs envers tes yeux, tu as des devoirs « envers ton hôte et envers ta femme et il se peut que tu vives « longtemps. Tu devras te contenter de jeûner trois jours par mois, « et chaque bonne œuvre sera récompensée au décuple. Et ce « jeûne pourra durer toujours. » Comme j'insistais il insista de son côté et, alors, je lui dis: « Je puis faire mieux que cela. — Alors, « dit-il, jeûne trois jours par semaine. » Comme j'insistais encore en disant : « Je puis faire mieux que cela. — Jeûne donc le jeûne « du Prophète David. — Et comment jeûnait le ProphèteDavid ? « lui demandai-je. — Un jour sur deux, répondit-il. »

CHAPITRE LXXXV. — On doit honorer les hôtes et les servir soimême. — De ces mots du Coran: « ...hôtes d' Abraham? Reçus en tout

honneur » (sourate li, verset 24'. — Abou-' Abdallah ( El-Bokhâri ) a

KJ

dit : jy j s’emploie pour le singulier et le pluriel dans le sens d’hôte parce

que c’est un nom d’action. On dit de même : U?j et Jac, qui , comme épithètes A w /

de ç j.9, sont invariables ; j ji- en parlant de l’eau s’emploie également pour le masculin , le féminin , le duel et le pluriel. L’expression j j^\ s’em-

ploie quand le seau ne rapporte pas d’eau. On appelle toute chose dans

laquelle l’eau disparaît : signifie « pencher , incliner », l’élatif dans ce

sens est j j j\.

1. D'après Abou-Choraih-El-K' abiyy , l’Envoyé de Dieu a dit: « Que celui qui croit en Dieu et au joui* du Jugement dernier traite son hôte avec cérémonie un jour et une nuit1. La durée de l’hospi-

(1) C’est-à-dire le traiter le premier jour en lui offrant un repas plus apprêté que

le repas ordinaire de la famille. Ensuite on lui sert le repas habituel.

TITRE LXXVIII

talité est de trois jours, dès qu on dépasse cette limite cela devient une libéralité. L’hôte ne doit pas s’implanter chez quelqu'un au point de devenir gênant. »

2. Mâlik rapporte la même tradition en disant: « Que celui qui croit en Dieu et au jour du Jugement dernier ne dise que du bien ou qu’il se taise. »

3. D’après Aboii-Horèira, le Prophète a dit : « Que celui qui croit en Dieu et au jour du Jugement dernier ne fasse pas tort à son voisin. Que celui qui croit en Dieu et au jour du Jugement dernier traite son hôte avec égards. Que celui qui croit en Dieu et au jour du Jugement dernier ne dise que du bien ou qu’il se taise. »

4. ' Oqba-benr-1 Amir a dit : « Comme nous faisions observer à

l'Envoyé de Dieu qu'il nous envoyait en mission chez des gens qui ne nous offraient pas l’hospitalité et que nous lui demandions ce qu'il en pensait, il nous répondit : « Lorsque vous descendez chez « des gens qui ordonnent de vous donner l’hospitalité, acceptez-la. « S'ils ne le font pas prenez-leur tout ce qui est dû à un hôte par « des gens de leur condition . »

5. Abou-Horeïra rapporte que le Prophète a dit: « Que celui qui croit en Dieu et au jour du Jugement dernier traite son hôte avec égards. Que celui qui croit en Dieu et au jour du Jugement dernier ait de bons rapports avec ses parents. Que celui qui croit en Dieu et au jour du Jugement dernier dise du bien ou qu’il se taise. »

CHAPITRE LXXXVI. — De LA CONFECTION DES REPAS ET DES OBLIGA¬ TIONS QUE L’ON DOIT S’IMPOSER A CAUSE DE SON HOTE.

1. Abou-Djohaifa a dit: «Le Prophète avait fait contracter un pacte de fraternité entre Salmân et Abou-’d-Derdâ. Salmàn fit une visite à Abou-’d-Derdâ et vit la mère de ce dernier en toilette négligée. « Pourquoi êtes-vous ainsi ? demande Salmân. — Votre « frère Abou- d-Derdà n’a pas besoin d'une femme du monde. » Abou-'d-Derdâ arriva et prépara un repas, puis il dit à Salmân : « Moi, je jeûne. » Et comme Salmân lui répondit qu’il ne mangerait

DE L’EDUCATION

pas sans lui, il se mit à manger. La nuit venue, comme Abou- ’d- Derdà s'en allait pour veiller en prière, Salmân lui dit : « Dors « donc » ; et il dormit. Puis il voulut partir pour veiller en prière, mais Salmân lui dit : « Dors. » Quand la tin de la nuit arriva, Salmân lui dit : « Maintenant, lève-toi. » Ils firent la prière tous deux, puis Salmân dit à son frère A : « Tu as des devoirs à remplir envers Dieu, envers toi-même et envers ta famille. Exhorte tous ceux qui ont des devoirs à remplir à n’y point manquer. » Abou-’d-Derdâ alla ensuite trouver le Prophète et lui raconta ce qui s’était passé, et le Prophète lui dit : « Salmân a eu raison. »

Abou-Djohaïfa s’appelait Ouahb-Es-Souaiyy et il était surnommé Ouahb le bon.

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