CHAPITRE Y. — De CE QUI EST RAPPORTÉ AU SUJET DE CES PAROLES
<( LE KHAMR EST TOUTE BOISSON QUI TROUBLE l’eSPRIT. »
1. Ibn-Omar a dit : « Omar fit le prône dans la chaire de T Envoyé de Dieu en ces termes : « La Révélation vous interdit le khamr ; « on le fait avec cinq choses : le raisin frais, les dattes, le froment, « l’orge et le miel. Le khamr est tout ce qui trouble l’esprit. » Il y a trois questions sur lesquelles j’aurais voulu que l'Envoyé de Dieu
DES BOISSONS
nous fixât avant de nous quitter pour toujours : la question de l’aïeul (1) 2, celle de la kelâla & et une des formes de l’usure (3). » — « Comme, dit Abou-Hayyàn-Et-T eïmi, j'interrogeais Abou-'Omar au sujet d’une liqueur qu’on fabriquait dans le Sind avec du riz, il me répondit que cela n’était pas connu à l’époque où vivait le Prophète — ou, suivant une variante, du temps de 'Omar. »
Suivant un autre isndd, au lieu de raisin frais, Ibn-'Omar aurait dit : raisin sec.
2. Selon Ibn-Omar, 'Omar a dit : « Les liqueurs enivrantes se font avec cinq choses : lé raisin sec, les dattes, le froment, l’orge et le
miel. »
CHAPITRE VI. — De CE QUI EST RAPPORT!: RELATIVEMENT A CEUX QUI DÉCLARENT LICITES LES LIQUEURS ENIVRANTES EN LES DESIGNANT SOUS UN FAUX NOM.
1. 'A bderrahman-ben-Ghanm-El-A cliari a dit : « Alton-' Amir — ou, suivant une variante, Abou-Mâlik-El-Ach'ari — m'a raconté — et par Dieu ! il ne m’a pas menti — qu'il avait entendu le Prophète dire : « Certes il y aura parmi mon peuple des gens qui autoriseront « comme licites <4) l’adultère, la soie, les liqueurs enivrantes et les « instruments de musique. Il y en aura qui, campés au pied de la « montagne, diront à leurs bergers qui ramèneront le soir leurs trou- « peaux et qui seront dans la détresse : « Revenez demain (5). » Dieu « anéantira dans la nuit un certain nombre de ces gens-là en faisant « ébouler la montagne et il changera les autres en singes et en porcs « jusqu’au Jugement dernier. »
(1) En matière de succession, il y a doute pour savoir si l’aïeul évince le frère ou est évincé par lui ou encore s’ils reçoivent chacun une part égale.
(2) Les uns pensent que ce mot désigne tout individu qui n’a plus son père et qui n’a pas d’enfant. Suivant d’autres, il s’agirait des cousins éloignés.
(3) 11 y a usure, dans le sens que don¬
nent les Arabes à ce mot, soit lorsqu’on
rend une somme supérieure à celle qui a été prêtée, soit quand il y a exigence de remboursement anticipé. Les jurisconsultes ne sont d’accord pour prohiber l’usure que dans ce dernier cas.
(4) En interprétant les textes d’une façon particulière.
(5) Au lieu de leur donner de suite à leurs bergers, mourant de faim, ce dont ils auront besoin.
TITRE LXXIV