DU PÉCHÉ QU’IL Y A À ASSOCIER UN ÊTRE À
Dieu ; dü châtiment de ce péché en ce monde et dans l’autre. — Il est dit dans le Coran : «... Certes le polythéisme est une grande iniquité » (sourate xxxi, verset 12) «... Si tu associes un être ci Dieu, tes œuvres seront vaines et tu seras sûrement au nombre des malheureux » (sourate xxxix, verset 65).
1. ' Abdallah-ben- Mas' oud a dit: «Lorsque fut révélé le verset dans lequel se trouvent ces mots : « Ceux qui ont cru et qui n'ont a point vêtu leur foi d’une iniquité... » (sourate vu verset 82), les compagnons du Prophète en furent peinés et dirent: « Quel est celui « d’entre nous qui n’a jamais vêtu sa foi d'une iniquité? — Ce « n’est pas de cela qu'il s’agit (1), dit l’Envoyé de Dieu. N’avez-vous « donc pas écouté les paroles de Loqmân : certes le polythéisme est « une grande iniquité. »
2. D’après Abou-Bekra, le Prophète a dit: « Les plus grands péchés capitaux sont : l’association d’un être à Dieu, la désobéissance à ses père et mère, et le faux témoignage, le faux témoignage » ; il répéta ces derniers mots trois fois — ou, suivant une variante, il aurait dit : « les affirmations mensongères » . — Il ne cessa de répéter ces mots si bien que nous nous dîmes : « Plaise à Dieu qu’il se taise. »
(U C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’une fait de croire à plusieurs dieux, ce qui iniquité quelconque, mais seulement du est l’iniquité par excellence.
TITRE LXXXYI 1 1
3. ‘ Abdallah-ben- Amr a dit: « Un Bédouin vint trouver le Prophète et lui dit : « 0 Envoyé de Dieu, quels sont les grands péchés ? « — L’association d'un être à Dieu, répondit-il. — Et après cela? « reprit le Bédouin. — La désobéissance à ses père et mère. — Et « après cela ? — Le serment ghamous d). — Et qu’est-ce que le ser- « ment ghamous ? — Celui qui étant faux permet de dépouiller le « musulman de son bien. »
4. Ibn-Mas'oud rapporte qu’un homme dit : « 0 Envoyé de Dieu, serons-nous punis pour ce que nous avons fait au temps de l’Idolâtrie? — Celui, répondit-il, qui aura fait le bien dans l’Islamisme, ne sera pas puni pour ce quai aura fait au temps de l’Idolâtrie. Mais celui qui aura mal agi pendant son Islamisme sera puni également pour ce qu’il aura fait avant sa conversion et après. »
CHAPITRE IL — De la règle relative a l’apostat homme ou femme. — Ibn'Omar, Ez-Zohri et Ibrâhîm ont clit: « La femme qui apostasie doit être mise à mort et on doit chercher à ramener les apostats dans la bonne voie. » Il est dit dans le Coran: « Comment Dieu dirigerait-il dans le sentier droit ceux qui, après avoir cru et rendu témoignage à la vérité de V Envoyé... et ils resteront dans V égarement » (sourate ni, versets 80, 81, 82, 83 et 84). — Il y est dit également : « O vous qui croyez , si vous écoutez certain groupe de gens qui ont reçu les Écritures, ils vous rendront infidèles après que vous avez été croyants » (sourate ni, verset 95). — Il y est dit encore : u Ceux qui ont cru, puis sont retournés à l'infidélité et qui ensuite ont cru de nouveau et sont retournés à V infidélité en accroissant encore leur infidélité, Dieu ne leur pardonnera pas et ne les conduira pas dans la bonne voie » (sourate iv, verset 136). — On lit dans le Coran : « ... S'il s'en trouve parmi vous qui apostasient, certes Dieu suscitera d'autres hommes qu'il aimera et qui l'aimeront... » (sourate v, verset 59). — On y trouve cet autre passage : « ... Mais celui qui ouvrira son cœur à l'infidélité... certes le Seigneur après cela sera indulgent et miséricordieux » (sourate xvi, versets 108, 109, 110 et 111). — Enfin il est encore dit dans le Coran : « ... Ils ne cesseront de vous combattre afin, s'ils le peuvent, de vous faire apostasier,
(0 C’est surtout le faux serment prémédité pour nuire à quelqu’un.
... ceux-là seront voués au feu de l'enfer où ils demeureront éternellement »
(sourate n, verset 214).
1. îkrima a dit : « On avait amené à Ali des apostats (1) et il les fit brûler. En apprenant cette nouvelle Ibn-'Abbàs dit : « Si c’eût été « moi, je ne les aurais pas fait brûler parce que TEnvoyé de Dieu l’a « défendu, je les aurais fait mettre à mort à cause de ces paroles de « TEnvoyé de Dieu : quiconque change sa religion, tuez-le. »
2. Abou-Mousa a dit : « Je me rendis auprès du Prophète accompagné de deux hommes des Ach'ari, l’un à ma droite, l’autre à ma gauche. L'Envoyé de Dieu était en train de se curer les dents. Chacun des deux hommes posa une question. Qu’eu penses-tu? ô « Abou-Mousa — ou, suivant une variante : ô ' Ab d ail ah-b e n-Q aïs , « me dit le Prophète. — Par celui qui t’a envoyé avec la Vérité, « répondis-je, ils ne m’avaient pas fait connaître leur pensée et « j’ignorais qu’ils demandaient ce qu’ils avaient à faire. » A ce moment il me sembla voir le cure-dent qui était sous la lèvre du « Prophète se relever et il me dit : « Je ne demande pas à ceux qui « le veulent de faire comme moi. Mais toi, ô Abou-Mousa — ou, « suivant une variante : ô 'Abdallah-ben-Qaïs — va dans le Yémen. » Puis il envoya pour le rejoindre Mo àdz-ben-Djabal. Quand Mo'âdz arriva, Abou-Mousa lui offrit un coussin en lui disant : « Assieds-toi. « — Qu’est-ce que ceci? demanda Mo'âdz en voyant un homme « enchaîné auprès de Abou-Mousa. — C’est, répondit celui-ci, un « juif qui après s’ètre converti à l’Islamisme a repris la religion «juive. Assieds-toi. — Non, reprit Mo'âdz par trois fois, je ne « m’assiérai pas tant qu’il n’aura pas été mis à mort, car telle est la « loi établie par Dieu et son Envoyé. » Abou-Mousa donna aussitôt l’ordre de tuer le juif. Les deux personnages s’entretinrent ensuite au sujet des prières pendant la nuit. « Moi, dit l’un d’eux, je me lève « pour prier et me recouche ensuite et j’espère pour mon sommeil
(1) Le mot (Jp-d s’emploie à la fois rateur du feu et le faux musulman ; ici il pour désigner l’apostat, l’hérétique, l’ado- s’applique évidemment al apostat.
TITRE LXXXVIII
« la même récompense que celle qui me sera accordée pour mon « réveil. »