CHAPITRE XXXVI. — Des paroles qu’au jour de la Résurrection
le Seigneur adressera aux prophètes et a d’autres.
1 . Anas rapporte qu’il a entendu le Prophète dire : « Au jour de la Résurrection on me demandera d’intercéder. Alors je dirai : « Seigneur, fais entrer dans le paradis celui qui aura dans le cœur « le poids d’un grain de moutarde (de foi). » On les fera entrer et ensuite je dirai : « Fais entrer dans le paradis celui qui aura dans le « cœur la plus petite parcelle (de foi). » 11 me semble, ajoute Anas, voir encore les doigts du Prophète (1) quand il prononça ces mots. »
2. Ma bad-ben-Hilâl-El- Anazi rapporte ce qui suit : « Nous nous réunîmes, dit-il, un certain nombre d’habitants de Basra et, en compagnie de Tsâbit-El-Bonâni, nous rendîmes chez Anas-hen-Màlik, pour l’interroger au sujet du hadits relatif à l’intercession. A ce moment Anas était dans son château (2) et quand nous arrivâmes il était en train de faire la prière du doha. Nous demandâmes à être reçus et, l’autorisation nous ayant été accordée, nous entrâmes et le trouvâmes assis sur son lit. Nous dîmes à Tsâbit de ne l’interroger sur rien avant de l’avoir questionné sur le hadits relatif à l’intercession. « 0 Abou-Hamza, lui dit alors Tsâbit, ces gens que voici sont de tes concitoyens de Basra qui viennent te questionner sur le hadits relatif à l’intercession. — Mohammed, répondit Anas, a dit: « Lorsque viendra le jour de la Résurrection une vive agitation régnera parmi les hommes ; ils iront trouver Adam et lui diront : « Intercède auprès « de Dieu en notre faveur. — Je ne suis pas l’homme qu’il vous « faut, répondra-t-il, adressez-vous à Abraham qui est l’ami du Clé-
0) Faisant le geste qui marque une (2) Dans une localité située à deux pachose infime. rasanges de Bassora.
DE L’UNITE DE DIEU
« ment. » Ils iront trouver Abraham qui leur répondra : « Je ne suis « pas l’homme qu'il vous faut, adressez-vous à Moïse à qui Dieu a « parlé. » Ils iront trouver Moïse qui leur dira : « Je ne suis pas « l'homme qu'il vous faut, adressez-vous à Jésus qui est l'Esprit de « Dieu et son Verbe. » Ils iront trouver Jésus qui leur répondra : « Je « ne suis pas l’homme qu’il vous faut, adressez-vous à Mohammed. » Alors ils viendront me trouver et je leur dirai: « Je vais intercéder. Je demanderai audience au Seigneur qui me l’accordera et m’inspirera des formules de louange à lui adresser et que je 11e connais pas en
ce moment. Après avoir prononcé ces formules de louange, je
tomberai prosterné devant le Seigneur qui me dira : « O Moham- « med, relève la tête ; parle, on t’écoutera; demande, on te donnera ; « intercède et tu seras exaucé. — Seigneur, m'écrierai-je, c'est ma « nation ! c'est ma nation ! — Va, me répondra-t-il, vers l’enfer et « fais-en sortir tous ceux qni auront dans le cœur le poids d'un grain « d'orge de foi. » J'irai faire ce qu'il m’aura dit, puis je reviendrai, lui adresserai les mêmes louanges que précédemment et tomberai de nouveau prosterné devant lui. « O Mohammed, me dira-t-il, re- « lève la tète ; parle, on t'écoutera ; demande, on te donnera ; inter- « cède et tu seras exaucé. — Seigneur, m'écrierai-je, c’est ma na- « tion ! c’est ma nation ! — Va, me répondra-t-il, vers l’enfer et « fais-en sortir tous ceux qui auront dans le cœur le poids d'une « petite fourmi ou d’un grain de moutarde de foi. » J’irai faire ce qu'il m’aura dit, puis je reviendrai, lui adresserai pour la troisième fois les mêmes louanges que précédemment et tomberai de nouveau prosterné devant lui. « O Mohammed, me dira-t-il, relève la tète ; « parle, on t'écoutera; demande, on te donnera; intercède et tu seras « exaucé. — Seigneur, m’écrierai-je, c’est ma nation ! c’est ma na- « tion! — Va, me répondra-t-il, vers l'enfer et fais-en sortir tous « ceux qui auront dans le cœur moins que le poids d'un grain de « moutarde de foi. » J'irai faire ce qu’il m’aura dit. »
« En sortant de chez Anas, je dis à certains de mes compagnons: « Si nous allions voir El-Hasan, qui se cache dans la maison de
TITRE XCVI1
« Abou-Khalîfa, pour lui raconter ce que vient de nous dire Anas- « ben-Màlik. » Nous nous rendîmes chez El-Hasan, lui fîmes parvenir notre salut et quand il nous eut donné audience, nous lui dîmes : « O « Abou-Sa'îd, nous venons de chez ton frère (en religion) Anas-ben- « Mâlik et nous n’avions jamais entendu rien de pareil à ce qu’il nous « a rapporté au sujet de l’intercession. — Continuez! » nous dit-il. Nous lui racontâmes le hadits et, arrivés à l’endroit où nous nous étions arrêtés, il s'écria : « Continuez ! — Il ne nous en a pas dit « davantage, répondîmes-nous. — Eh bien, reprit-il, il me Ta ra- « conté au complet il y a vingt ans, et je ne sais s’il a oublié, ou s’il « a craint que cela n’amenât des controverses. — O Abou-Sa'îd, « reprîmes-nous, raconte-nous ce hadits. »
« II se mit à rire et dit : « Dieu a créé l'homme impatient ; si je « vous ai parlé de cela, c'est que je veux vous raconter ce hadits tel « quTl me l’a raconté. Voici la suite : « Je reviendrai pour la qua- « trième fois, je lui adresserai les mêmes louanges que précédem- « ment et tomberai prosterné devant lui. — O Mohammed, me dira- « t-il, relève la tète ; parle, on t’écoutera ; demande, on te donnera ; « intercède et tu seras exaucé. — Seigneur, m'écrierai-je, accorde- « moi l’autorisation pour tous ceux qui ont dit : « Il n’y a d’autre « divinité que Dieu. — J’en jure par ma puissance, par ma gloire, <c par ma grandeur et par ma majesté, répondra Dieu, je ferai sortir « de l’enfer tous ceux qui auront dit : « Il n’y a pas d’autre divinité « que Dieu. »
3. D’après 'Abdallah-ben-Mas'oud, l’Envoyé de Dieu a dit: « Le dernier de ceux qui entreront dans le paradis et qui sera le dernier à quitter l’enfer sera un homme qui sortira en se traînant sur les genoux et en disant : « Seigneur, fais-moi entrer dans le paradis. » Le Seigneur lui dira : « Entre dans le paradis. — Seigneur, s’écriera « l’homme, le paradis est plein. » Dieu répétera ses paroles par trois fois et chaque fois l’homme répondra que le paradis est plein. Alors, Dieu lui dira : « Tu as encore pour toi un espace dix fois grand comme le monde. »
DE L’UNITÉ DÊ DIEU
4. A diy y-ben- Râtim rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « 11 n’est pas un seul d’entre vous qui ne soit appelé à parler au Seigneur sans qu’aucun truchement ne s’interpose entre eux. A la droite du Seigneur, il ne verra que les oeuvres qu’il a accomplies ; à sa gauche, il ne verra également que ses œuvres ; devant lui il ne verra que le feu de l’enfer faisant face à son visage. Craignez le feu de l’enfer même si ce n’était que pour une demi-datte (1). »
Indication d’un autre isnâd avec une légère addition sans importance.
5. Obdida rapporte que Abdallah-ben-Masoud a dit : « Un rabbin des Juifs vint et dit : « Lorsque viendra le jour de la Résurrec- « tion, Dieu placera les cieux sur un doigt, les (sept) terres sur un « doigt, l’eau et la terre sur un doigt et les êtres créés sur un doigt. « Il agitera le tout en disant: Je suis le Souverain, je suis le Souve- « rain. » Abdallah ajoute : « Je vis le Prophète, en entendant ces paroles, rire à gorge déployée pour manifester sa surprise et son approbation. Puis, le Prophète récita ces mots du Coran : « Mais ils « ne savent point apprécier Dieu comme il doit l’être... » (sourate xxxix, verset 67).
6. Safouân-berv-Mohriz rapporte qu’un homme ayant demandé à Ibn-Omarce qu’il avait entendu dire à l’Envoyé de Dieu au sujet de l’entretien (avec Dieu), celui-ci aurait répondu qu’il l’avait entendu s’exprimer ainsi : « Chacun de vous s’approchera de Dieu en sorte que celui-ci lui servira d’égide et lui dira : « As-tu fait telle et telle chose ? « reprendra le Seigneur. — Oui, répétera l'homme qui avouera ses « fautes. — Tant que tu étais dans ce bas monde, reprendra le Sei- « gneur, j’ai dissimulé tes fautes et aujourd’hui je te les pardonne. »
Indication d’un autre isndd.
CHAPITRE XXXVII. — De ces mots du Coran : « Dieu à adressé réellement la PAROLE a Moïse » (sourate IV, verset 162).
1. D’après Abou-Horeïra, le Prophète a dit : « Adam et Moïse dis-
(1 C’est-à-dire : pour avoir fait tort à quelqu'un d’une chose infime, une demi-datte.
TITRE XCVII
entaient ensemble : « (Test loi, Adam, qui as été la cause de l’expul- « sion de ta postérité du paradis. — Gomment, répondit Adam, oses- « tu m’accuser de pareille chose, toi que Dieu a choisi comme « Envoyé et à qui il a adressé la parole, alors qu’il s’agit d’un fait a que Dieu avait décidé avant que je ne fusse créé. » Adam eut ainsi gain de cause contre Moïse. »
2. Anas rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit : « Le jour de la Résurrection, les Croyants qui seront rassemblés diront : « Si nous « faisions intercéder auprès de Dieu pour qu’il nous délivre de cette « situation? » Ils iront trouver Adam et lui diront : « Toi, Adam, « qui es le père des hommes, que Dieu a créé de sa main, devant « qui il a fait prosterner les anges et à qui il a enseigné les noms de « chaque chose, intercède en notre faveur auprès du Seigneur pour « qu’il nous délivre de cette situation. — Je ne suis pas l’homme « qu'il vous faut », répondra Adam, qui leur rappellera la faute qu’il a commise. »
3. Charîk-ben- Abdallah rapporte qu’il a entendu Ibn-Màlik dire : « La nuit pendant laquelle l’Envoyé de Dieu fît le voyage nocturne en partant de J a mosquée de la Kaha, trois personnes (1) se présentèrent à lui avant qu'il eût reçu la révélation et pendant qu'il dormait dans la mosquée sacrée. L'une d'elles dit : « Quel est celui d'entre « eux(2)? » Celui du milieu dit : « C’est le meilleur des trois. — Eh « bien, reprit l’autre, prenez le meilleur des trois. » C'est ainsi que les choses se passèrent cette nuit-là, et le Prophète ne les revit pas avant qu’ils ne revinssent la nuit suivante. Il vit tout cela avec son cœur, car ses yeux dormaient mais son cœur ne dormait pas. Les prophètes voient ainsi avec leur cœur pendant que leurs yeux dorment.
« Sans adresser la parole au Prophète, les anges Remportèrent et vinrent le déposer auprès du puits de Zemzem. Alors Gabriel s’occupa seul de lui ; il lui ouvrit la gorge et retira ce qui était dans
(O C’étaient des anges qui avaient reçu (2) Mahomet était avec son oncle Hamza mission d’aller chercher le Prophète. et son cousin Dja'far-ben-Abou-Tâlib.
DE L’UNITE DE DIEU
la poitrine et dans le ventre ; il lava le tout de sa main avec de T eau de Zemzein et quand tout l’intérieur eut été nettoyé on apporta un plateau en or sur lequel se trouvait un vase en or plein de foi et de sagesse. L’ange en hourra la poitrine du Prophète et toutes les veines de sa gorge.
« Cela fait, il referma la plaie et emporta le Prophète dans les airs jusqu’au ciel de ce monde. Il frappa à l’une des portes de ce ciel dont les habitants lui crièrent : « Qui est là ? — Gabriel, répondit- « il. — Et qui est avec toi? lui demanda-t-on. — C’est Mohammed « qui est avec moi, répondit-il. — A-t-il été mandé? demanda-t-on.
« — Oui, répondit-il. — Qu’il soit le bienvenu ! » s’écrièrent les
gens du ciel pour lui annoncer la bonne nouvelle. Les gens du ciel ignorent ce que Dieu veut faire sur la terre tant que le Seigneur ne les en a pas informés.
« Dans le ciel de ce monde, le Prophète trouva Adam. « Voici, « lui dit Gabriel, ton père, salue -le. » Il le salua et Adam lui rendit son salut en lui disant : « Sois le bienvenu, mon cher enfant, quel « excellent fils tu es ! » Dans le ciel de ce monde il vit deux fleuves qui coulaient. « Quels sont ces deux fleuves, ô Gabriel? demanda- « t-il. — Ce sont, répondit-il, le Nil et l’Euphrate qui prennent ici « leur source. » Poursuivant ensuite sa route dans le ciel, le Prophète aperçut un autre fleuve sur le bord duquel était un palais de perles et d’émeraudes. Le Prophète trempa sa main dans l’eau et vit que c’était du musc(U « Qu’est-ce que ceci, ô Gabriel? demanda le « Prophète. — C’est, répondit l’ange, le Kautsar que le Seigneur a « réservé pour toi. »
« L’ange emporta ensuite le Prophète vers le second ciel. Là, les anges firent les mêmes questions qu’avaient faites les premiers : « Qui est-ce? — Gabriel. — Et qui est avec toi? — Mohammed. — « A-t-il été mandé? — Oui. — Qu’il soit le bienvenu. » L’ange
emporta ensuite le Prophète dans le troisième ciel où s’échangèrent
(O Qastallàni ajoute ; « il’Adzfar. »
TITRE XCVII
les mêmes questions que dans le premier et le second ciel. Il en fut de même en arrivant au quatrième ciel, au cinquième ciel, au sixième ciel et au septième ciel. Chaque ciel était habité par des prophètes dont Gabriel indiqua le nom et parmi lesquels j'ai retenu ceux de Idris dans le deuxième ciel, Haroun dans le quatrième, un autre dans le cinquième ciel dont j'ai oublié le nom, Abraham dans le sixième ciel et, dans le septième ciel, Moïse à qui Dieu avait fait la faveur d'adresser la parole et à qui il répondit : « Seigneur, je ne « pense pas que personne soit élevé à un plus haut degré que moi. »
« L'ange emporta le Prophète au-dessus de tous ces cieux, pour des raisons que Dieu seul connaît, jusqu’à ce qu’il arrivât au lotus de la limite et qu’il fût près du Tout-Puissant, le Maître de la Grandeur, et qu’il n'en fût plus distant que de la longueur de deux arcs ou même qu’il en fût plus près encore. Parmi les choses que Dieu lui révéla, à ce moment, se trouva cette prescription : « Cinquante « prières chaque jour et chaque nuit pour ton peuple. » Le Prophète redescendit et, arrivé auprès de Moïse, celui-ci le retint et lui dit : « 0 Mohammed, quel engagement t’a fait prendre le Seigneur? — « 11 m’a fait prendre l’engagement, dit-il, de faire cinquante prières « nuit et jour — Jamais ton peuple ne pourra s’astreindre à cela, « reprit Moïse : retourne auprès du Seigneur et demande-lui qu’il « allège cette obligation aussi bien pour toi que pour eux. » Le Prophète se tourna alors vers Gabriel comme pour lui demander conseil, et celui-ci, lui ayant fait signe qu’il pouvait le faire s'il le voulait, l'emporta de nouveau auprès du Tout-Puissant. Arrivé à l’endroit où il était précédemment, le Prophète s’écria : « Seigneur, « allège pour nous cette obligation, jamais mon peuple ne pourra « s’astreindre à cela. » Dieu diminua le nombre de dix prières. Le Prophète retourna vers Moïse qui le retint de nouveau jusqu’à ce que le nombre des prières fût réduit à cinq.
« Le Prophète fut de nouveau retenu par Moïse quand il revint avec le chiffre de cinq. « 0 Mohammed, dit alors Moïse, par Dieu, « j’ai essayé d’obtenir de mon peuple, les Benou-lsraïl, quelque
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« chose de moins pénible que cela. Cela leur a paru au-dessus de « leurs forces et ils y ont renoncé. Or ton peuple est plus chétif que « le mien sous le rapport de la corpulence, du cœur, des membres, « de la vue et de l’ouïe, retourne donc auprès du Seigneur et solli- « cite de lui un nouvel allégement. » Le Prophète se tourna alors vers Gabriel pour le consulter ; il ne fit aucune objection et emporta le Prophète une cinquième fois auprès de Dieu. <( Seigneur, dit « alors le Prophète, mon peuple est chétif de corpulence, de cœur, « d’ouïe et de membres, accorde-nous un allégement. » Le Tout- Puissant dit alors : « Hé ! Mohammed. — Me voici à vos ordres « et à votre discrétion, répondit-il. — Eh bien, reprit de Seigneur, « rien ne peut être changé par moi aux prescriptions que j’ai force mulées dans le livre du Destin (1). Chaque bonne œuvre est récom- « pensée au décuple, ce qui fait cinquante dans le livre du Destin « alors qu’il ne Cen est imposé que cinq. » Le Prophète retourna auprès de Moïse qui lui dit : « Qu’as-tu fait? — Dieu, répondit le « Prophète, s’est montré bienveillant pour nous et il nous accorde « une décuple récompense pour chaque bonne œuvre. — Moi, dit « Moïse, par Dieu, j’ai demandé, aux Benou-lsraïl, quelque chose « de plus facile que cela et ils y ont renoncé ; retourne donc vers le « Seigneur pour qu’il t'accorde un nouvel allégement — O Moïse, « reprit l’Envoyé de Dieu, par Dieu, j ai honte de retourner vers le « Seigneur après y être retourné tant de fois. — Au nom de Dieu, « dit alors l’ange, descends. » Et le Prophète se réveilla dans le Temple sacré. »
CHAPITRE XXXVIII. — Des entretiens du Seigneur avec les habitants DU PARADIS.
1. A bou-Saîd-E l-Khodri rapporte que le Prophète a dit : « Dieu interpellera les bienheureux en ces termes : « Hé! habitants du « paradis ! — A vos ordres et à votre discrétion, Seigneur, diront-ils.
0) Textuellement : « la mère du Livre. »
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« le bien est entre tes mains. — Etes-vous satisfaits? demandera- t-il. « — Et comment ne serions-nous pas satisfaits. Seigneur, alors que « tu nous as donné ce que tu n’as pas donné à aucune autre de tes « créatures. — Eh bien, reprendra-t-il, je veux vous donner mieux « que cela. — Seigneur, diront-ils, qu’y a-t-il donc de meilleur que « cela? — Je vous comblerai de mes faveurs et ne serai plus jamais
« irrité contre vous. »
2. Atâ-hen-Y esâr rapporte, d’après Abou-Horeïra, que le Prophète, qui avait auprès de lui un Bédouin, entretint les fidèles en ces termes : « Un homme d’entre les bienheureux demanda au Seigneur l’autorisation de semer des grains. — N’as-tu donc pas tout ce que tu désires? demanda le Seigneur. — Oui, répondit le bienheureux, mais je voudrais semer des grains. » 11 se hâta de semer et bientôt les grains levèrent, mûrirent et on put les moissonner et en faire des tas gros comme des montagnes. Alors Dieu lui dit : « Prends cela, ô fils d’Adam, puisque tu n’es jamais satisfait. — O Envoyé de Dieu, s’écria le Bédouin, telle chose ne peut advenir qu’à un Qoraïchite où à un Ansàr qui sont des agriculteurs ; mais nous, nous ne sommes pas des agriculteurs. » L’Envoyé de Dieu, à ces mots, éclata de rire.
CHAPITRE XXXIX. — Dieu donne des ordres et les hommes en s’adressant a Dieu ne peuvent faire que des invocations, des actes d’humilité, transmettre ses ordres et ses instructions. — C’est dans ce sens qu'il est dit dans le Coran : « Souvenez-vous de moi et je me souviendrai de vous » (sourate ij, verset 147). — Relis-leur l'histoire de Noé lorsqu’il dit à son peuple : « O mon peuple ! si mon séjour au milieu de vous et le souvenir des signes de Dieu vous sont insupportables, je mets ma confiance en Dieu seul. Réunissez vos efforts et vos compagnons, et ne cachez pas vos desseins: décidez de moi, et ne me faites point attendre. — Si vous tournez le dos, je ne vous demande aucune rétribution, ma rétribution est à la charge de Dieu; il m'a ordonné de m’abandonner à lui » (sourate x, versets 72, 73). — \Zà- a le sens de : « souci », angoisse. — Modjâhid a dit
que, pour le sens, il faut ajouter : après jll ; Jj ri\ équivaut
DE L’UNITE DE DIEU
a — Modjâhid ajoute : « Si l’un des infidèles te demande asile, accordele-lui, car il se pourra qu’il entende la parole de Dieu lorsqu’elle est révélée au Prophète et qu'en entendant ces paroles et les versets qui ont été révélés il devienne croyant et qu’en retournant chez lui il fasse entendre la parole de Dieu et porte la foi là où il ira. » — pAâjJI ^ c’esi le Coran.
Il signifie : en réalité dans ce monde et s'y conformera (U
CHAPITRE XL. - De ces mots du Coran : « Ne donnez point d’associé a Dieu... (sourate ii, verset 20), — lui donnerez-vous des égaux'? C'est lui qui est le maître de l'univers (sourate xli, verset 8), — et ceux qui
n' invoquent pas d'autre divinité avec Dieu » (sourate xxv, verset 68). —
« Il a été déjà révélé , à toi et à tes prédécesseurs , que vos œuvres seront vaines si vous êtes idolâtres , et que vous serez malheureux. — Adore plutôt Dieu, et sois reconnaissant » (sourate xxxix, versets 65, 66). — ' Ikrima a dit : « La plupart d'entre eux ne croient point en Dieu; ce ne sont que des polythéistes. Si tu leur demandes qui les a créés et qui a créé les deux et la terre , ils répondront : c'est Dieu , mais à cela se bornera leur Joi, car ils adorent d'autres divinités que Dieu. — De ce qui a été dit au sujet de la création, des actes des hommes et de leurs œuvres, d'après ces paroles du Coran: « Il a créé toutes choses , et par un arrêt éternel a fixé leurs destinées » (sourate xxv, verset 2). - Modjâhid a dit que dans ces mots du Coran: « Nous n'envoyons les anges que pour la vérité » (sourate xv, verset 8), le mot « vérité » s'applique à la mission prophétique et à l'annonce du châtiment; que dans ces mots du Coran: « Afin que Dieu puisse interroger les hommes véridiques sur leur véracité » (sourate xxxm, verset 8), « les hommes véridiques » dont on veut parler sont les prophètes chargés de missions divines ; que dans ces mots du Coran : « et nous sommes ses gardiens » (sourate xv, verset 9), il s'agit de celui qui ayant apporté la vérité, c'està-dire le Coran en qui le Croyant aura ajouté foi, dira au jour de la Résurrection : « Voici ce que tu m'as donné, je me suis conjormè à ce qu'il con- . tient. »
1. Amr-ben-Chorahbîl rapporte que Abdallah-ben-Mas'oud a dit : « .l ai interrogé l’Envoyé de Dieu pour savoir quelle était la faute la
v Aucun liadits n’est donné sous cette nuscrit original contenait une lacune en rubrique. Qastallàni suppose que le ma- cet endroit.
TITRE XCYII
plus grave aux yeux du Seigneur. — C’est, me répondit-il, de donner un associé à Dieu, car c’est lui qui t’a créé. — Certes cela est grave, repris-je, et quelle est la faute la plus grave après cela, demandaije. — C’est que tu forniques avec la femme de ton voisin. »
CHAPITRE XLI. — De ces mots du Coran : « Vous ne pouviez vous cacher AU POINT QUE VOS OREILLES, VOS YEUX ET VOS PEAUX NE TEMOI¬ GNASSENT CONTRE VOUS ET VOUS VOUS ETES IMAGINE QUE DlEU IGNORE¬ RAIT une grande partie de vos actions » (sourate xli, verset 21).
1 . Abou-Ma mar rapporte que 'Abdallah-ben-Mas'oud a dit : « Deux hommes des Tsaqîf et un Qoraïchite — ou, suivant une variante, un homme des Tsaqîf et deux Qoraïchites — étaient réunis auprès de la Ka ba. C’étaient des hommes d’une forte corpulence mais d’une médiocre intelligence. L’un d’eux dit : « Pensez-vous « que Dieu entende ce que nous disons? — 11 entend, dit l’un d'eux, « ce que nous disons quand nous parlons à haute voix mais il n’en- « tend pas ce que nous disons en secret. — Si, dit alors le troisième, « il entend ce que nous disons à haute voix, il entend certainement « ce que nous disons en secret. » C’est alors que fut révélé ce verset : « Vous ne pouviez vous cacher au point que vos oreilles, vos « yeux et vos peaux ne témoignassent contre vous, etc. »
CHAPITRE XLII. - De ces mots du Coran : « Chaque jour il est occupé a quelque œuvre nouvelle » (sourate lv, verset 29). — « Il ne leur arrive jamais une nouvelle admonition de leur Seigneur... » (sourate xxi, verset 2). — « Vous ne savez pas si Dieu ne fera pas surgir quelque circonstance... » (sourate lxv, verset t). — « Les actes de Dieu ne ressemblent point aux actes des êtres créés , car il est dit dans le Coran : « Rien ne lui ressemble; il entend et il voit tout » (sourate xlii, verset 9). — Ibn- Mas’oud rapporte que le Prophète a dit : « Dieu crée par son ordre ce qu'il veut, et parmi les choses qu’il a décidées c'est que vous ne parliez pas pendant la prière. »
1. Ikrima rapporte que Ibn- Abbàs a dit : « Comment se fait-il que vous interrogiez les gens du Livre sur les livres qui leur ont été
DE L’UNITE DE DIEU
révélés, alors que vous avez par-devers vous le Livre de Dieu qui est le plus récent de ceux révélés par Dieu et que vous pouvez lire dans un texte pur de toute altération. »
2. A bdallah-benMasond rapporte que Ibn-'Abbâs a dit : « 0 troupe de musulmans, comment se fait-il que vous interrogiez sur quelque chose les gens du Livre alors que Dieu a révélé à votre Prophète un livre qui renferme des informations plus récentes de Dieu et qui est dans un texte pur de toute altération. Dieu vous a informé que les gens du Livre ont modifié et altéré en partie les livres de Dieu en y introduisant de leurs mains des choses qui ne venaient pas de Dieu et cela dans le but d’acheter quelque chose à vil prix: Ce que vous avez reçu de la science ne vous interdit-il donc pas de questionner ces gens-là ? Par Dieu, nous ne voyons jamais un seul d’entre eux vous interroger au sujet de ce qui vous a été révélé. »
CHAPITRE XLIII. — De ces mots du Coran : « N’agite point ta langue... » (sourate xxv, verset 16). — Des actes du Prophète lorsqu’il recevait la révélation. — Abou-Horeïra rapporte , d’après le Prophète, que Dieu a dit: « Je suis avec mon adorateur partout où il remue ses lèvres pour prononcer mon nom. »
1 . S'aid-ben -Dj obair rapporte qu'au sujet de ces mots « ne remue pas ta langue », Ibn-'Abbâs a dit : « Le Prophète, lors de la révélation, éprouvait une vive angoisse et remuait les lèvres. » Alors Ibn- 'Abbâs, ajoute Sa'id, me dit : « Je vais remuer mes lèvres devant toi comme l’Envoyé de Dieu remuait les siennes. — Et moi, continua Sa'îd, je vais remuer les miennes comme le faisait Ibn-'Abbâs. » Et ce disant, il les remua. C'est â cette occasion que furent révélées ces paroles du Coran : « N’agite point ta langue, en te pressant trop. — C’est à nous de réunir les parties de la révélation et de la réciter » (sourate lxxv, versets 16, 17). — Ibn-'Abbâs dit que « cette réunion » dont il est question, c'est dans la poitrine du Prophète qu’elle aura lieu et il devra ensuite réciter cela. — « Quand nous te lisons, suis la lecture avec nous » (sourate lxxv, verset 18). — Ibn-
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'Abbâs dit qu'il faut entendre par là : Écoute l ange, garde le silence, el plus tard ce sera à nous de te le faire réciter. — Quand Fange Gabriel venait vers l’Envoyé de Dieu, celui-ci Fécoutait et, après le départ de Fange, il récitait la révélation comme Fange la lui avait fait réciter. »
CHAPITRE XL1V. — De ces mots du Coran: « Communiquez vos paroles en secret ou livrez-les a tous, Dieu connaît ce que les cœurs renferment,. — Et comment ne le connaîtrait-il pas , celui qui a créé tout , le Subtil , V Instruit » (sourate xlvii, versets!3, 14). — j = jyjLJô.
1 . Sa îd-ben-Djobair rapporte, d’après Ibn-Abbâs, que ces mots du Coran : « Ne prononce la prière ni d une voix trop élevée, ni d’une voix trop basse » (sourate xvii, verset 110), ont été révélés pendant que l’Envoyé de Dieu se tenait caché à la Mecque. Quand le Prophète faisait la prière avec ses Compagnons il élevait la voix pour réciter le Coran ; si les polythéistes l’entendaient, ils accablaient d’injures le Coran, celui qui l’avait révélé et celui qui l'avait transmis. C'est pourquoi Dieu dit à son Prophète : « Ne prononce pas ta prière d’une voix trop élevée — il entendait par là la récitation du Coran — car alors les polythéistes qui l’entendent, insultent le Coran. Ne la prononce pas à voix trop basse à cause de tes Compagnons qui ne t'entendraient pas et cherche entre ces deux extrêmes un moyen terme. »
2. 'O rom rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit que ce verset: « Ne prononce la prière ni d’une voix trop élevée, ni d’une voix trop basse », a été révélé à propos de l'invocation.
3. D’après Abou-IIoreira , l’Envoyé de Dieu a dit : « Il n’est point des nôtres celui qui ne psalmodie (lj pas le Coran. » Suivant une autre version, il aurait ajouté : « qui ne le prononce pas à voix haute. »
* (1) Le mot traduit par « psalmodier », dans ce passage, pourrait également être
pris dans le sens de « réciter à haute voix pour les autres ».
DE L’UNITÉ DE DIEU
CHAPITRE XLV. - - De ces paroles du Prophète : « Un homme avait reçu de Dieu le Coran et s’en occupait a tous les moments du jour, a
TOUS LES INSTANTS DE LA NUIT. Un AUTRE HOMME DIT ALORS : <( Si
« j’avais reçu ce que cet homme a reçu, j’aurais agi comme il le « fait. » Dieu a montré par là que le fait de s'occuper du Coran était un acte. Dieu a dit dans le Coran: « La création des deux et de la terre , la diversité de vos langues et de vos couleurs... » (sourate xxx, verset 21). — Il a dit également : « Faites le bien , et vous serez heureux (sourate xxn, verset 76).
1 . Abou-Horeïra rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Ne soyez jaloux que dans ces circonstances: 1° quand un homme en voyant un autre qui a reçu de Dieu le Coran, le récite à tous les moments du jour, à tous les instants de la nuit, dit : « Si j'avais « reçu ce que cet homme a reçu, j'aurais agi comme il le fait » ; 2° quand un homme en voyant un autre qui a reçu de Dieu la fortune et la dépense en bonnes oeuvres, dit : « Si j’avais reçu ce que « cet homme a reçu, j'aurais fait exactement ce qu'il a fait. »
2. ' Abdallah-ben- Omar rapporte que le Prophète a dit : « On ne doit être envieux que dans deux circonstances: quand on voit un homme qui a reçu de Dieu le Coran et le récite à tous les moments du jour, à tous les instants de la nuit, ou un homme à qui Dieu a donné la fortune et qui la dépense à tous les moments du jour, à tous les instants de la nuit. »
Indication d’une légère variante sans importance.
CHAPITRE XLV1. — De ces mots du Coran: « O Prophète, fais connaître TOUT CE QUI EST DESCENDU SUR TOI DE LA PART DE TON SEI¬ GNEUR, CAR, SI TU NE LE FAIS PAS, TU NE T’ES PAS ACQUITTÉ DE SON MES¬ SAGE... » (sourate v, verset 171). — Ez-Zohri a dit : « La mission vient de Dieu; l'Envoyé de Dieu est chargé de la transmettre et nous , nous devons nous y conformer. » — u Afin qu'il sache si ses envoyés ont remplit a mission de leur Seigneur » (sourate lxxii, verset 28). — « Je vous annonce les commandements de Dieu... » (sourate vii, verset 66). « Ka'b-ben-Mâlik rap-
TITRE XCYII
porte que lorsqu'il fit dèfeclion ail Prophète, celui-ci dit: « Dieu et son apôtre verront vos actions... » (sourate ix, verset, 95). — Aïcha a dit :« Lorsque vous admirez l'œuvre d'un homme, dites : Agissez ainsi ; Dieu, son apôtre et les musulmans verront votre action et personne ne vous méprisera . »
Ma'mar a dit : (sourate 11 , verset T) signifie : ce Coran-ciW;
est employé pour l'éclaircissement et l’indication. De même :
p\:>- p.CJs signifie : ceci est la décision de Dieu ; ^ signifie : pas de
doute ; *ü\ oU «iür signifie : ceci, ce sont les versets du Coran. De même,
dans ces mots: ^ <3 ^ (sourate x, verset 23),
1*4* équivaut à '. Anas a dit : « Le Prophète envoya Harâm , son oncle
maternel , vers son peuple. S'adressant à son peuple, Harâm lui dit : « Me croirez-vous si je vous transmets la mission de l'Envoyé de Dieu, puis il se mit à les en instruire. »
1. D’après Djobair-ben-Hayya, El-Moghîra a dit : « Notre Prophète, d’après la mission qu'il a reçue du Seigneur, nous a annoncé que celui d’entre nous qui serait tué {2) irait au paradis. »
2. Masrouq rapporte que Aïcha a dit : « Celui qui t’a raconté que Mohammed avait dissimulé quelque chose de la révélation ne le crois pas, car Dieu a dit : « 0 Envoyé, transmets tout ce qui t’a été « révélé par le Seigneur, car si tu ne le faisais pas tu n’aurais pas « accompli la mission dont il t’a chargé » (sourate v, verset 71).
3. D’après ' Amr-ben-Chorahbîl , A b d al 1 a h-b e 1 1 - M a s ' o u d rapporte qu’un homme dit : « Envoyé de Dieu, quelle est la faute la plus grave aux yeux de Dieu? — C’est, répondit-il, que tu prétendes que Dieu a des égaux, alors que c’est lui qui t’a créé. — Et après cela quelle est la faute la plus grave? — C’est que tu tues ton enfant pour qu'il ne mange pas avec toi. — Et ensuite ? — C'est que tu forniques avec la femme de ton voisin. » Dieu a confirmé ces paroles par ces mots du Coran : « Et ceux qui n’invoquent avec Dieu d’autres divinités, qui ne tuent point une âme vivante, ainsi que Dieu l a
(O Bien qu’en réalité il y ait : «ce Co- (2 En combattant pour la guerre ran-là ». , sainte, faudrait-il ajouter.
DE L'UNITÉ DE DIEU
défendu, excepté pour une juste raison, qui ne commettent point d’adultère. Celui qui le fait recevra le prix de sa faute. — Le supplice lui sera doublé, etc. » (sourate xxv, versets 68, 69).