CHAPITRE XXL — Du remède introduit par un coin de la bouche
1. Ibn-Abbâs et A ïcha rapportent que Abou-Bekr embrassa le Prophète quand ce dernier fut mort. 'Aïcha ajoute : « Au cours de la maladie du Prophète nous lui introduisîmes un remède par le coin de sa bouche. Il nous fit signe de ne pas agir ainsi et nous nous dîmes que c’était par répugnance du remède. Quand il reprit ses sens il nous dit : « Ne vous avais-je pas défendu de m’introduire ainsi un « remède ? » Et comme nous disions que c’était à cause de la répugnance qu’avait le malade pour le remède, il reprit : « Aucun de ceux
(1) C’est-à-dire, explique le commentaire, que les maladies peuvent se transmettre par la volonté divine, mais non
d’elles-mêmes comme le crovaient les
Arabes antéislamiques.
(2) Les anciens Arabes croyaient que les os d’un mort pommaient se métamorphoser en chouette ou en hibou et venaient se poser sur une maison pour annoncer la mort d’un de ses habitants. On disait aussi que l’âme de celui qui était tué sans qu’on eût tiré vengeance de sa mort de¬
venait une chouette.
(3) Le mot est le nom du 2e mois de l’année musulmane. 11 était regardé
comme étant de mauvais augure quand il était retardé d’un mois dans les années complémentaires. Mais ce même mot désigne aussi une maladie épidémique, le choléra, qui peut-être survenait de préférence au commencement de l’année.
L’expression « pas de choléra » veut dire que cette maladie n’est pas la conséquence d’un changement d’époque du mois de Safar, mais qu’elle était décrétée par Dieu quand il le voulait.
(4) Ou plutôt que la truffe est comme la manne une substance qui tombe du ciel sans qu’on sache exactement d’où elle provient.
TITRE LXXVI
« qui sont dans cette maison ne manquera d’être traité par un remède « ainsi introduit, et je ne vois pas d autre personne qui feront excep- « tion que El-'Abbâs qui n’était pas présent quand vous avez agi « ainsi (1). »
2. Omm-Qais a dit : « J’amenai chez l'Envoyé de Dieu un de mes lits dans le nez duquel j’avais mis un tampon parce qu'il avait une angine (2). « — Pourquoi, me dit le Prophète, fourrez-vous ce tampon « dans le nez de vos enfants ? C’est avec le costus indien qu’il faut « soigner cela, car ce costus guérit sept choses, entre autres la pleu- « résie. On l’injecte dans le nez pour l'angine et on l’introduit par un « coin de la bouche en cas de pleurésie. » Le raôni (Sofyân) ajoute : « J’ai entendu Ez-Zohri dire : « 11 nous expliqua ces deux cas d’emploi « sans s’expliquer sur les cinq autres. » Comme on faisait remarquer à Sofyân que Ma'mar donnait la leçon : ^ «iihd (au lieu de ciW) il répondit qu’il se souvenait de la leçon ^ et qu’il l'avait apprise de la houche même de Ez-Zohri. Sofyân a indiqué qu'on avait frotté avec le doigt la bouche de l’enfant et que lui-même l’avait fait également, c’est-à-dire qu’il avait soulevé le palais de la bouche de l’enfant avec le doigt, mais qu'on ne lui avait mis aucun tampon. »