‹ Les traditions relatives au fils de la ViergeChapitre 14 sur 20 · M. M. Husson, le dieu Bés · texte numérisé non relu

M. M. Husson, le dieu Bés

4. Abbé Brasseur, Quatre lettres sur le Mexique, p. 161, Paria,

5. J. Leflocq, Études de mythologie celtique, chap. n. § 2; p, 69. Orléans, 1869. Siddi-Kûr, Kalmuehische maehrehen (Von B. Juelg), EinleUung. Leipzig, iHGQ. Le Myllte de Votiin, § 2, p. 86. AJençon, 187(.

de la mer des Antilles. Cela serait absolument contraire à notre manière de voir, plus d'une fois d6jà exposée. Pour nous, c'est bien vers Textrôme Orient qu'il convient de se tourner pour apercevoir le berceau des civilisations américaines. Ce qui nous paraît certain, toutefois, c'est qu'à une époque plus ou moins ancienne, l'influence de l'Egypte, tout comme celle de la Chaldée ou même celle de la nation juive, se sont fait sentir chez les populations encore peu civilisées delà haute Asie, lesquelles, à leur tour, ne furent pas sms avoir quelque relaiion avec 1* Amérique. Pour n'en citer que quelques exemples, le fabuleux oiseau Poung ou Foung-Hoang des traditior^s chinoises no rappelle- t-il pas, par son nom même, aussi bien que par ses atiributs, le uon moins mythique Bennou ou Vennou des Égyptiens, lequel n'est autre chose que le Phénix? Si la vie du Phénix se prolonge jusqu'à cinq cents ans, le Foung, lui, concilie les cinq sons, et il fait un séjour perpétuel chez les hommes, alors que Ton voit régner sur terre les cinq vertus. On voit le rôle que jouent le nombre cinq et ses multiples dans la légende de ces deux volatiles merveilleux (1). L'analogie serait bien plus frappante entre eux, si le Foun.i,'^ est bien, comme on a tout lieu de le supposer, l'oiseiu auquel les Chinois attribuent la propriété d'être unique de son espèce et de renaître de ses cendres (2).

Nous serions assez disposés également à reconnaître une contrefaçon du bœuf Apis dans la licorne ou Ki-/m des habitants du Céleste Empire. Cet animal, en effet, a le corps du cerf et la TXueue du bœuf. On vante sa bienveillance et son esprit de charité, tel qu'il n'écrase pas le moindre vermisseau, ne foule l)as l'herbe verte. D'après le dictionnaire Pin-tsé-tsien, publié en i687, il naît sans semence, ou, suivant d'autres, il est la semence de la dernière lune. Quelques auteurs le regardent comme un emblème de l'élément humide (3), et son apparition est le présage d'une paix profonde ou de la venue d'un grand prince. Le Ki lin passe pour le roi des quadrupèdes, de même que le Foung est c^lui des oiseaux. Beaucoup de ces traits, on le voit, conviendraient assez à l'Apis égyptien.

1. Le P. Prémare, Vestiges choisis des principaux dogmes de la religion chrétienne^ etc., p. 40 et suiv. du t. XII des Annales de philosophie chrétienne (6* série).

2. Fr. Noël, Dictionnaire de la fable, art. Phénix, Paris, 1803.

3. Vestiges choisis, etc., p. 438 et suiv. du tome XI des Annales de philosophie chrétienne (6« série).

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Enfin, malgré l'opinion contraire du savant Pnuthier, nong aarions quelque peine à ne point parliiger la façon de voir de plusieurs miasionnairos.quionlreconnu dans plusieurs parties, au moins, de l'hisloire de l'empereur Mou-Wang, une contrefaçon de celle de Salomon (I ). Les deux princes régnent à peu près à la tnème époque. Ils sont renommés, lous les deui, pour leur exlrème sagesse, leur goût pour les chevaus, et reçoivent les tributs des peuples voisins. L'entretnie du monarque chinois avec la mère du roi occidental, quile défie à une sorte de tournoi poétique, rappelle bien la visite de la reine de Saba à Salomon. En&u. si le prince hébreu est célèbre par sa magnificence, le nom mémo de Mou-Wang signifie en chinois " souverain u gnifique ». Ce n'est pas le seul exemple, nous le verrons tout à l'heure, que l'on puisse citer de traditions biblii]ues, portées jusque dans l'extrême Orient. En tout cas, nous sommes assez de l'avis de certains érudiis qui ne reconnaissent point un caractère absolument histoi ique aux annalesdu Céleste Empire, pour les temps qui précèdent d'un siècle ou deux la naissance de Gonfucius.

L'on voit bien, en tout cas, de quelle f.içon certaines données d'origine primitivement éfryptienne, ont pu passer même en Amérique, Mais reprenons le cours de notre étude.

La croyance à ces naissances miraculeuses se retrouve également dans le monde sémitique, mais ù côté de cutte analogie. . se manifeste d'une façon bien tranchée la difl'érence entre l'esprit religieux de rËgypte et le génie politique et inililaire de la Chaldée. C'est un animal déifié auquel les écrivains du Nil attribuent une vierge pour mère. Au contraire, les habitants des bords de l'Enphrale racontent ce qui suit d'un de leurs monarques (S) :

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