‹ Les traditions relatives au fils de la ViergeChapitre 15 sur 20 · rt Jo suis Sarginaj le grand roi d'Agané · texte numérisé non relu

rt Jo suis Sarginaj le grand roi d'Agané

2. « Ma mère ne connut pas mon père, mais ma famUlo ap- " paitenait aux maîtres du pays.

3. « Ma ville (natale) était la cité d'Ataupiraoi, qui est sur « les bords de la rivière Euphrate.

1. G, Paulhier, Chine, p. 94 et suiv. de la collect. VUniverg. Paris, 1837.

2. M. H. F, Talbot, The ïnfancy of Sargina, p. 3 el Rui*. des Records of the Tait, vol. V. — G. Mn^pero, Histoire ancierme des peuples de l'Orienl. chap. v. p. 195. Paris, 1873.

4. « Ma mère me conçut (là) : elle me mit au monde dans « une place secrète.

5. « £11q me déposa dans une corbeille de joncs : avec du « bitume elle ferma le couvercle.

6. u Elle me porta sur la rivière et ût que Teau ne put entrer.

7. « La rivière me porta jusqu'à la demeure d*Akki, l'ouvrier « tireur d'eau.

8. « Akkl, le tireur d*eau, dans la bonté de son cœur^ me « tira de la rivière.

9. « Akki, le tireur d'eau, m'éleva comme son propre fils. 10. « Akki, le tireur d'eau, me plaça dans une troupe de

a forestiers {ou de jardiniers).

li. « Islitar me ût prospérer ; au bout de ans, je devins

« roi. »

Nous nous trouvons ici en présence de la plus ancienne version connue du chef de peuples, exposé dès sa naissance, puis s'élevant par son audace et son énergie au pouvoir souverain. Sargîna ou Saryukin P' semble, en effet, avoir vécu entre les xvu« et xvi^ siècles précédant noire ère. Ce que la légende dit de lui, elle le répétera plus tard, à propos de Cyrus, de Romulus, du Siamois Phra-Ruang et même du bon Dyonysios, plac^, d'après Pausanias, dans une arche, et poussé par les vagues sur la côte de Brasiad en Laconie. (1 ) M. Talbot signale la ressemblance qui existe entre le nom de Akki et celui d*Acca Laurent! a, la mère du fondateur de Rome. Ce récit de l'enfant exposé ne nous fait-il point songera un ancien usage en vigueur chez les Gaulois et Germains des rives du Rhin? Le père qui avait conçu des doutes sur la fidélité de son épouse, exposait le nouveau-né dans un berceau à la merci des eaux. Le fleuve devait engloutir le Iruit d'un amour adultère et épargner l'enfant légitime. Remarquons, toutefois, que dans aucune des autres légendes formées sur le modèle de celle de Sargina, on ne nous parle de mères vierges. Si ce détail a été omis d'une façon, pour ainsi dire tellement systématique, c'est que la notion de la maternité virginale, longtemps spéciale aux sémites et aux chamites, répugnait à l'esprit des autres races.

Nous ajouterons que les Hébreux ont longtemps appliqué et appliquent aujourd'hui encore à un souverain temporel, ce

i. Le Mythe de Votan, p. 63 (2« vol. des Actes de la Société physiologique). Alençon, 1871.

qu'Isaïe dit de cet Emmanuel qu'une vierge doit enfanter (i). Le terme Aima, litt. « cachée » dont se sert le prophète, correspond autant à « Puella » qu*à « virgo ». Tous les commentateurs chrétiens, néanmoins, s'accordent à l'entendre de la vierge Marie, la mère du Christ.

Passons maintenant aux traditions de la race Indo-Européenne. Les plus anciens récits du houdhisme ne prétendent point que Çakyamouni fut né d'une vierge. Ils se hornent à dire qu'au moment où elle le conçut, sa mère n'avait point enfanté, et, depuis assei longtemps, avait cessé ses relations avec son époux. « Elle n'a pointenfanté, elle n'a ni fils ni fille », dit l'ouvrage Tibétain intitulé Egya-tscher-rol-pa, Après ses couches, elle fut purifiée par Indra.

La donnée primitive ne tarda point à se modifier sous Taction des idées chrétiennes qui durent pénétrer dans l'Inde dès les premiers temps de notre ère (2), Drjii saint Jérôme nous déclaie que d'après les Samanéens (c'est ainsi qu'il désigne les Bouddhistes), le fondateur de leur religion était né d'une vierge. « Aucune autre femme, dit le Lalita- Vis tara, n'était c( capable de porter le premier des hommes. » Ratramnus confirme le dire de saint Jérôme. Bientôt, rimagination indoue, se donnant carrière, entoura la conception de Çakyamouni des circonstances lesplus étranges. Étant encore Bôdhisattva, c'est-àdire candidat à la dignité de bouddha, il aurait quitté larégion des dieux, sous forme d'un éléphant blanc, appelé Ardjavartan ou le « chemin sans tache ». Il pénètre, sous forme d'un rayon lumineux de cinq couleurs, dans le sein do Mâyâdêvi, l'épouso du roi Çouddhôdana. Il y est reçu d'une façon immaculée, sans concours d'aucun moyen humain. Les Mongols surtout, qui sont les plus simples et les plus fervents des sectateurs du bouddhisme, attachent une grande importance à la naissance virginale du fils de la reine de Kapilavastou. Peut-être biei? subissent-ils un peu à cet égard l'influence de certaines traditions qui s'étaient déjà répandues chez eux avani môme leur conversion au bouddhisme.

Aucune des iraditions iraniennes ne nous déclare Zoroastre nrs d'une vierge, mais elles nous représentent la semence de ce

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