‹ Les traditions relatives au fils de la ViergeChapitre 8 sur 20 · Ibid., i&td., chap. vi, p · texte numérisé non relu

Ibid., i&td., chap. vi, p

comme assez récente. Au dire de quelques érudita, elle e rail que du iv» siècle de notre ère et aérait postérieure^ coDcile de NicéL'. Mais voici le point qui nous paraît le plus Bigniticatif. Du môma que chez nous, le prêtre validement ordonné peut seul consacrer les saintes esptceB, de même il n'y a que le Mobed qui, chez les Guèbres, ait droit do consacrer le Myaida on offrande de viande culte el de lu Tbiire goûter aux assistants (t).

A cet égard, ne dirait-on pas que l'on a voulu enchérir aur le cérémonial chrétien, d'après lequel le corps du Christ est présenté aux ftdèles sous l'espèce du pain î

Pour en revenir à noire roman, la tendance à amplifier lesdétails du récit blhlique nous semble évidente. D'après MoTse, Joseph n'est que le fils d'un patrinrche du pays deChanaau. Bilaou, nous le verrons tout à l'heure, est nn grand dieu. Le fUs de Jocob se borne 6. repousser les sollicitations de l'épouse de Putiphar, (andis que le petit frère d'Anoupou poussa la délicatesse jusqu'à promettre à la compagne de son iiîné le silence sur ses coupables propositions. On se conteuiedcjeter en prison l'intendant réputé criminel : Uitauu, lui, court risque de la vie, et n'échappe que par miracle, c'est le cas de le dire, à la colère de l'époux irrilé. Si Joseph laisse son manteau entru les mains de l'Égyptienne, le h^ros de noire conte abandonne bien autre chose, puisqu'il se mutile lui-même. Ajoutons que ces sévices volontaires pratiqués comme preuve de cliasleté et afln de détourner des soupçons j;iloux, ont toujours passé pour des actes éminemment héroïques aux yeux des Orientaux. Cela se conçoit, au reste, facilement. Ces peuples n'ont-ils pas, dès la plus haute nntlquité, eu l'habitude do confier li garde de leurs compagnes à des personnages dont ils savent bien n'avoir rien à redouter ? Rappelerons-noua ici l'histoire de Combabus, l'amt duroiAntiochus, rapportée par Lucien et mise en vers par le poète allemand Wieland.

Il ne Taudrait pas croire, d'ailleurs, quo ces mutilations aisnt eu pour but original simplement d'enlever tout prétexte aux craintes de maris trop ombrageux. Les premiers eunuque» furent certainement des prêtres. L'on conçoit que dansl'esprlt d'une re'igion admeltant la suprématie du principe femelle sur le principe mâle, se priver de la virilité, se rendre autant

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t. M. l'abbé C. de Harlez, Aves!a, t. II ; iutroJut

TRADITIONS RELATÏVB6 AU I^ÏLS DE LA VIERG» J5

j^ossible semblable à la femipe, devait passer pour la plus méritoire de toutes les œuvres. C'est précisément chez les peuples professant les croyances empreintes d'un caractère gynécocratiqne que nous retrouvons les corporations sacerdotales composées de castrats. Citons, par exemple, les Galles de Phrygie ou prêtres de Cybèle qui se vêtissaient d'habits de femme, se mutilaient eux-mêmes dans leurs orgies sacrées, à l'exemple de leur dieu Attys (1). L'histoire d'Esmounos (Eschmouii) ou AsklepioSi telle que la raconte Proclus et qui paraît avoir eu son berceau à Sidon, indique aussi dans la religion phénicienne, l'existence d'un ancien fonds gynécocratique. On sait qu'Eschmoun, qui était le dernier et le plus charmant des ûls de Sadycos (Çûdûq)^ inspira une violente passion à la déesse Astronome (Hasbtar Nokhemâ). Poursuivi un jour par elle et se voyant sur le point d'être atteint, il se mutila lui-même d'un coup de hache, plutôt que de s'exposer à violer les lois de la chasteté.

Plusieurs particularités démontrent que la croyance à la suprématie du principe femelle avait pénétré jusque sur les bords du Nil. Bornons-nous à citer ce seul fait quo d'ordinaire, dans les manuscrits égyptiens, le nom de la mère se trouve toujours cité avant celui du père. Il en était tout à fait de même, on le sait, chez les anciens Étrusques, et cela pour une raison identique.

Enfin, les vestiges dô gynécocratie abondent, on peut le dire, dans toutes les religions de l'Asie occidentale. Nous n'en voulons pour preuve que la primauté accordée à la lune par les Chaldéens, à la terre par les Phrygiens sur le soleil, représentant naturel du principe mâle (2). M. d'Eck?tein voyait là, ou le sait, une preuve de l'influence exercée par les mystérieux Kouschites, ces Pelages de l'Orient, ces civilisateurs de l'ancien monde (3). Il peut bien en être ainsi, mais, avouons-le franchement, nous ne sommes pas bien certains que la secte indoue des Wischnouvites, laquelle vénère le Yoni et le principe femelle, par opposition aux Ciwaïtes adorateurs du Lingam et du principe raâle, remonte jusqu'à l'époque de la domination des enfants

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