‹ Les tragédies de MontchrestienChapitre 10 sur 78 · Mercure, t. VII, p · texte numérisé non relu

Mercure, t. VII, p

2. Ces commissions étaient datées du 9 août 162 1. M. de Vaudichon en possède une ; elle est scellée d'un cachet de cire rouge représentant un ange qui foule aux pieds un homme ( ou un démon ?) renversé. Autour, on lit cette devise : Pro rege et Christo.

xxxij Notice

gent et les commissions et leur enjoint de se tenir prêts à prendre la campagne au premier signal. Avec dix ou douze compagnons résolus et avisés, il visite les villes de Caen, Falaise, Argentan, Alencon, Domfront, Vire et les plus gros bourgs de la même région, et assigne le rendez-vous général au lundi 1 1 octobre dans les forêts d'Andaine et d'Alençon, -où quelques partisans déjà rassemblés commençaient à jeter l'effroi dans la province et pillaient les châteaux isolés. On disait à Caen : « Ils sont deux mille dans la forêt. » Un espion fut envoyé, compta cent cinquante hommes, et son rapport rassura la ville'.

Le danger n'était pas grave; car toutes les menées du parti étaient connues, au moins en gros, et pour les réprimer vivement au premier signe de révolte, le duc de Longueville, gouverneur de Normandie, et M. de Matignon, lieutenant général, faisaient filer les troupes royales vers Argentan et Domfront.

On était au commencement d'octobre, et Montchrestien continuait à parcourir la province, mais sans faire de grands progrès, et si peu sûr de ses forces qu'il n'osait rester plus de deux heures dans un même lieu, de peur d'être trahi ou surpris^. Il arriva ainsi, le jeudi 7 octobre, entre neuf et dix heures du soir, au bourg des Tourailles, sis à cinq lieues de la ville de Falaise et à la même distance de celle de Domfront. Il avait avec lui son valet et six capitaines, tous bien montés et bien armés de carabines et de pistolets. Cette petite troupe se présente à l'hôtellerie du village et commande à souper, mais ils ne comptaient pas coucher aux Tourailles ;

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