SUR LES
>-;y;)' ^^ "^ sçauoy bien que l'ouurier de nature, y'??S^'Y>( Donne vne ame de vie à chasque créature, (f r^^J'^J ^^ ceste ame, pour estre en vn corps seulement, ^*v»îra:0 le voudrois embrasser l'erreur de Pythagore : Et croire qu'après nous nos âmes vont encore Dedans des corps nouueaux viure nouuellement.
Montcrestien ne viuroit que de l'ame admirable Du tragique Garnier, tant leur Esprit semblable Se fait voir en leurs vers égallement parfait : Tout ce que ie remarque entr'eux de différence. C'est que Taage passé cède au nostre en science, Car pour dire le vray, Montcrestien a mieux fait.
Sur un Théâtre neuf hausse' de cinq e'tages Il e'ieue sa gloire au déshonneur des aages Qui ne peurent iamais vn tel homme porter : Il nous a mis les vers au point de leur bien-estre , Et la Scène si haut que Ion ne peut connoistre S'elle descent du Ciel, ou s'elle y veut monter.
Digne Ecolle des Roys s'ils y vouloient apprendre! Belle leçon des Grands s'ils la sçauoient comprendre ! Mais cet aueugle honneur leur dérobe les yeux : Et tandis qu'vn bon vent s'empoupe à leur fortune Ils pensent estre Dieux au prix de la commune , Sans penser s'ils sont Dieux, qu'il est vn Dieu des Dieux.
Princes, on parle à vous : aimez vostre mémoire Si vous aimez l'honneur : sçachez que vostre gloire Est d'cstre non à vous, mais au public vouez. Et que quand les Destins vous auront raui l'ame, Si vous auez mal fait vous en aurez le blâme, Si vous auez bien fait vous en serez louez.
A MONSIEUR DE MONTCRESTIEN