I. Celui de 1604. Elle manque dans le recueil de
xiv Notice
nait mieux à son talent abstrait, pauvre en traits personnels. On s'en convaincra trop bien par une rapide analyse de VÉcossaise.
Au commencement du drame, Elisabeth est en scène avec un personnage anonyme, appelé simplement : Conseiller. La Reine est irritée contre Marie Stuart qui a conspiré sa mort. Le Conseiller presse Elisabeth de faire tomber cette tête coupable. La Reine hésite encore, et la scène se prolonge, interminable, tantôt en longs discours alternatifs, qui remplissent jusqu'à deux cents vers; tantôt par un dialogue coupé, où chaque vers, et parfois chaque hémistiche, répond par une antithèse pressante à l'hémistiche, ou au vers opposé. C'est ce dialogue qu'on nomme cornélien, quoique Corneille ne l'ait pas inventé; mais il l'a employé souvent avec une beauté suprême.
Un choeur, formé des Demoiselles de la reine d'Ecosse, entonne l'éloge de la vie obscure et paisible accordée aux particuliers; un autre choeur, appelé bizarrement chœur des États, vient demander à Elisabeth la mort de sa rivale. La Reine hésite, puis feint de céder, quoique au fond résolue à ne pas verser le sang royal. Le chœur gémit sur le néant de la vie humaine et sur l'inconstance de la fortune. Un ministre apparaît, portant la sentence fatale, arrachée enfin à la reine d'Angleterre; celle-ci ne se montre plus dans la pièce. C'est Marie Stuart qui entre en scène pour faire à la vie des adieux touchants : lasse de lutter, elle n'aspire plus qu'à la délivrance : elle entend avec joie la sentence de mort; elle console ses compagnes et s'éloigne pour aller mourir. Bientôt un messager vient raconter son supplice et louer son courage à ses filles éplorées.
La Carthaginoise, ou la Liberté, n'est qu'une seconde