Dans le Mercure français
xxiv Notice
féconde. Montchrestien s'était fait, de poète, économiste, et de gentilhomme, industriel.
En i6i $ (peu après la réunion des États généraux) parut à Rouen, chez Jean Osmont, en un volume inquarto, le Traicté de Fœconomie politique, dedic an Roy et à la Reinc-mcrc, par Antoine de Montchrestien^ sieur de Vaterille {sic). Montchrestien surveillait bien mal ses imprimeurs, ou il n'était guère sûr du titre apparten .nt à sa gentilhommerie, car il s'était appelé jusque-là Vasteville, non Vateville. Cette forme nouvelle l'emporta décidément, et Montchrestien fut Vateville, ou plutôt Vatteville, jusqu'au jour de sa triste fin'.
(' Traité d'économie politique »; ce titre, appelé à une telle fortune qu'une science tout entière en a gardé le nom, ce titre alors était tout nouveau; le contenu ne l'était pas moins. Du premier coup d'œil, Montchrestien avait nettement entrevu toutes les parties de la science, et le récent éditeur du Traicté, M. Th. Funck-Brentano, a montré que tout ce qui s'est écrit depuis deux siècles et demi sur cette matière infinie et complexe était en germe au moins dans Montchrestien. C'est ainsi qu'il fait du travail la source première de la richesse : « L'heur des hommes consiste principalement dans la richesse, et la richesse dans le travail. » Il estime que la concurrence est un stimulant nécessaire à l'industrie : « Il n'y a pas de plus court moyen pour faire bientôt gagner le haut comble à ceux qui exercent les arts
I. M. de Beaurepaire, directeur des Archives départementales à Rouen, a signalé à M. Th. Funck-Brentano deux actes conservés aux archives de Rouen, l'un du 13 septembre ifai} et l'autre du 4 avril 1614, où Montchrestien prend le titre d'écuyer, sieur de Vasteville, et signe Monchrestien. Au reste, des gentilshommes plus authentiques ne laissaient pas, en ce temps-là, de varier beaucoup dans l'orthographe de leurs noms et titres.