‹ Les tragedies de ParisChapitre 19 sur 50 · WE · texte numérisé non relu

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vrit la fiMiiitro cl au risijue de se tuer sauta du ijremier étage, ^l'age 473.)

Trois moi.s s'écoulèrent, et celui qui .sYîtait appelé Fréch'-ric Mullor reçut une épîlre de l'aubergiste de la vallée de Cusance. — Le dernier des Croix-Dieu n'avait pas joui longtemps de ce qu'il regardait comme une fortune. — Il venait de mourir, tué par l'abondarjce relative succédant à des privations trop rigoureuses et trop prolongées.

Le comte de Loc-Earn partit immédiatement pour l'Autriche, et se fit délivrer des duplicata légalisés des états de service de M. de Croix-Dieu, et aussi des brevets de ses ordres.

11 rentra en France en 1868; revint à Paris, loua, sous le nom de baron Philippe de Croix Dieu, l'entre-sol de la rue Saint-Lazare qu'il ne devait plus quitter, et monta sa maison d'une "façon élégante et confortable.

La nouvelle incarnation de Loc-Earn était accomplie. — Il avait réussi à se créer une personnalité solide, indiscutable.

Quels soupçons, en effet, pouvaient atteindre un homme en mesure de prouver sa position, de rendre compte de son passé, avec pièces à l'appui, et possesseur, en outre, nonseulement de papiers de famille absolument en règle, mais encore du château dont il portait le nom ?

Ce château ayant été acheté sous un pseudonyme, l'habile aventurier avait poussé la prudence jusqu'à en opérer la cession, par un nouvel acte de vente, au baron Philippe de Croix-Dieu, c'est-à-dire à lui-même, et se trouvait, en conséquence, bien authentiquement propriétaire des ruines du manoir de Croix-Dieu, — le berceau de sa race!

11 ne lui restait plus qu'à se faire des relations.

Mais quiconque connaît bien Paris sait à quel point la chose était facile pour un homme de haute mine, de manières exquises, jouissant, ou du moins paraissant jouir d'une ample fortune, vivant largement, n'ayant en apparence rien de suspect ou seulement d'obscur dans son existence antérieure, et portant un beau nom rehaussé par un titre dont personne, pas même le procureur impérial, ne pouvait lui contester la légitime possession.

Philippe de Croix-Dieu — nous l'appellerons désormais ainsi — se présenta résolument chez un vieux gentilhomme franc-comtois à qui l'histoire de sa prétendue famille était bien connue et qui l'accueillit, avec conviction et bienveillance, comme le Croix-Dieu revenu de l'étranger.

Sous le patronage de ce gentilhomme les portes les plus honorables, auxquelles il lui plut de frapper, s'ouvrirent devant lui.

Quant à celles du demi-monde, naturellement elles s'ouvrirent toutes seules an grand large.

Avant que six mois se fussent écoulés, le baron était un homme à la mode, — homme sérieux et homme de plaisir tout à la fois, dépensant sans trop compter, jouant gros jeu, gagnant souvent, perdant quelquefois, payant ses dettes de jeu dans les vingt-quatre heures et n'ayant aucun ciéancier.

Tout cela était si bien de notoriété publique qu'an bout d'un an Croi.\-Dicu fut, à l'unanimité, reçu membre d'un cercle que nous ne nommerons pas, mais qui se montrait fort dillicile pour les admissidiH.

El si l'on s'étonnait qu'il fût possible de mener une vie large et mondaine avec les modiques revenus de l'argent volé dans la caisse du baron Worms, nous dirons que le liardi coquin avait d'autres ressources dont nous dévoilerons bientôt le mystère, et que d'ailleuis, se croyant certain de mettre un jour ou l'autre la main sur des millions, il s'inquiétait peu, le cas échéant, d'écorner son capital.

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Nous voici revenus au point précis nù nous avons fait halte en terminant la première partie de ce récit, pour accomplir une indispensable excursion dans le passé de notre principal personnage.

Nos lecteurs doivent maintenant comprendre sans peine l'épouvante et l'effarement de Croix-Dieu en lisant la lettre anonyme signée X. Y. Z. et que Sarriol seul pouvait avoiiécrite.

Cettre lettre, on s'en souvient peut-être, disait : — « Un de vos anciens amis, qui n'a pas eu comme vous le talent ou le bonheur d'arriver à une belle situation, pi^end la liberté do s'adresser à votre générosité avec une confiance d'autant /dus grande o'' il se trouve par

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