L SOMMAIRE
ternes aux pieds de leurs victimes. Un héraut proclame leur mort, leur mort éternelle. Qui pourrait fuir alors le doigt de Dieu? Tout s'élève contre eux et les accuse; les éléments leur reprochent l'abus qu'ils ont fait d'eux en les faisant servir à leurs cruautés. — Veuille l'Esprit Saint diriger la langue du poëte, afin qu'il ne se laisse pas entraîner par la passion en prononçant ces terribles sentences. — Voici donc les faits et gestes motivant la condamnation de l'Antéchrist, voici ses attentats et ses abominations. Il faut maintenant que tous ses faux et blasphématoires attributs de puissance, tiares, mitres, bannières, clefs, « chappes d'or et d'argent, et bonnets d'escarlate, et la pantouffle aussi qu'ont baisée tant de rois », tout cela soit jeté aux pieds du Christ ; ils forment à la gauche un énorme monceau. A la droite ce n'est pas l'or qui abonde; ce qu'on y voit, ce sont des haillons de Lazare. 11 occupe la place de ceux qui ont refusé de couvrir sa nudité, d'étancher sa soif, d'apaiser sa faim. Et ceux qui ont fait part de leur vêtement, ceux qui ont donné la goutte d'eau et le morceau de pain, ceux-là sont appelés « au royaume éternel d'une éternelle paix ». Soudain quel changement s'opère en eux ! Et, d'autre part, quelle scène d'épouvantement, quand les maudits sont rejetés « au gouffre ténébreux des peines éternelles » ! Tout ce que l'on vit jamais ici-bas d'effroyables tempêtes ne donne point une idée des horreurs de l'abîme où ils sont plongés sans retour. C'est alors, « enfants du siècle, abusés mocqueurs », que vous expierez vos téméraires bravades et que vous souhaiterez en vain une mort désormais impossible. Mais de tous les tourments que vous endurerez, le pire sera la connaissance et la vue des joies incomparables qui seront, dans le ciel, le partage des élus. — Tableau des satisfactions et des félicités sans nombre qui attendent les saints au sé;our céleste. Le poëte, ébloui lui-même de tant de splendeurs, tombe en extase.