Var. : Nareaux de Dieu. Nareaux, du latin nares
La Chambre dorée. iji
Qui foulle tout respect, en dueil démesurée ,
Qui conduict le corps mort d'un bien aimé mari,
Ou porte d'un enfant le visage meurtri.
Fait de cheveux jonchée, accorde (i) à sa requeste
Le trouble de ses yeux, qui trouble ceste feste.
La troupe qui la void change en plainte ses ris.
Elle change leurs chants en l'horreur de ses cris.
Le bon Roi quitte lors, le sceptre et la séance, ^^
Met l'espée au costé et marche à la vengeance. » j r»
Dieu se lève en courroux , et au travers des cieux • Perça, passa son chef; à l'esclair de ses yeux, Les cieux se sont fendus tremblans, suans de crainte ; Les hauts monts ont croullé. Cette Majesté saincte, Farcissant, fit trembler les simples éléments. Et du monde esbranla les stables fondements. Le tonnerre grondant frappa cent fois la nue : Tout s'enfuit, tout s'estonne et gémit à sa veue : Les Rois qui l'ont hai (2) laissent cheoir, paslissants , De leurs sanglantes mains les sceptres rougissants; La mer fuit et ne peut trouver une cachette ; Devant les yeux de Dieu, les vents n'ont de retraitte Pour parer ses fureurs: l'Univers arresté Adore en frémissant sa haulte Majesté; Et lors que tout le monde est en fraieur ensemble, Il n'y a rien ça bas si ferme qui ne tremble (J). Les chrestiens seulement affligez sont ouïs, D'une voix de louange et d'un pseaume esjouis, .^u tocquement des mains faire comme une entrée Au Roy, de leur secours et victoire assurée. Le meschant le sentit plein d'espouventement. Mais le bon le connut plein de contentement.
Le Tout-Puissant plana sur le hault de la nue Long-temps, jettant le feu et l'ire de sa veue Sur la terre: et voici, le Tout-Voiant ne void,