‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 130 sur 313 · I . Var. : se (ce) gardant · texte numérisé non relu

I . Var. : se (ce) gardant

172 Les Tragiqjjes.

Le sang plus tost du corps que le sens retiré , Par honneur, il couvrit {^) de sa robe percée Et son cœur offensé et sa grâce offensée , Et ce cœur d'un César, sur le sueil inhumain De la mort, choisissoit non la mort mais la main. Les mains qui la paroient (2) la parèrent encore : Sa grâce et son honneur quand la mort la dévore N'abandonnent son front, elle prend le bandeau : Par la main on l'amène embrasser le posteau: Elle demeure seulle en agneau despouillée : La lame du bourreau de son sang fut mouillée: L'ame s'en vole en hault : les anges gracieux Dans le sein d'Abraham la ravirent aux cieux. :. ■. ^

Le ferme doigt de Dieu tint celuy de Bilnée (5), Qui à sa penultime et craintive journée Voulut prouver au soir s'il estoit assez fort Pour endurer le feu instrument de la mort . Le geôlier, sur le soir, en visitant le treuve Faisant de la chandelle et du doigt son espreuve : Ce feu lent et petit d'indicible douleur A la première fois luy affoiblit le cœur : Mais après il souffrit brusier à la chandelle La peau, la chair, les nerfs, les os et la moelle.

Le vaillant Gardiner me contrainct cette fois D'animer mon discours de ce courage anglois: Tout son sang escuma luy reprochant son aise En souffrant adorer l'idolle portugaise (4). Au magnifique apprest des nopces d'un grand roy, La loy de Dieu luy fit mettre aux pieds toute loy, Toute crainte et respect, les tourrnens et sa vie, Et puis il mit aux pieds et l'idolle et l'hostie Du cardinal sacrant : là, entre mille fers,

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