‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 131 sur 313 · I. Var.: abria. — 2. Jane · texte numérisé non relu

I. Var.: abria. — 2. Jane

j. Hist. univ., ibid., p. 97; Crespln , foi. 98.

4. Suivant d'Aubigné, aux noces du roi de Portugal, « Gardiner arracha l'hostie d'entre les mains du cardinal ». {Hist. univ., t. i, p 103.)

Les Feux. 17^

II desdaigna le front des portes des enfers: -^t><>*

II vainquit en souffrant les peines les plus dures :

Les serfs des questions il lassa de tortures :

Contre sa fermeté rebouscha le tourment,

Le fer contre son cœur d'un ferme diamant :

Il avalla trois fois la serviette sanglante :

Les yeux qui le voyoient souffroient peine évidente :

Il beut plus qu'en humain les inhumanitez,

Et les supplices lents finement inventez :

On le traine au supplice , on coupe sa main dextre ; -

Il la porte à la bouche avec sa main senestre,

La baise : l'autre poing luy est couppé soudain,

Il met la bouche à bas et baise l'autre main :

Alors il est guindé d'une haute poulie

De cent nœuds à cent fois son ame se deslie :

On brusle ses deux pieds tant qu'il eut le sentir; -

On cerche sans trouver en luy le repentir.

La mort à petit feu luy oste son escorce,

Et luy à petit feu oste à la mort la force (i). > ^ts

Passeray-je la mer de tant de longs propos, Pour enrooller icy ceux-là- qui, en repos, Sont morts sur les tourmens des géhennes debrizantes Par la faim sans pitié , par les prisons puantes ? Les tenailles en feu, les enflambez tonneaux, [agneaux : Les pleurs d'un jeune roy(2), trois Agnez(5) , trois Ailleurs nous cueillerons ces fleurons d'Angleterre , Peuple qui a fait veoir(4) aux peuples de la terre Des anges en vertus : mais ces vainqueurs anglois Me donneront congé de détourner ma voix Aux barbares esprits d'une terre déserte.

Dieu poursuivit Satan et luy fit guerre ouverte Jusques en l'Amérique, où ces peuples nouveaux Ont esté spectateurs des faicts ae nos bourreaux. Leurs flots ont sceu noyer, ont servi de supplices,

I. Hist. univ., t. i, p. 105-106. — 2. Les regrets de la mort d'Edouard vi. — î. Histuniv., ibid., p. 106, 107. — 4. Var.: Lions qui ont fait voir.

174 Les.Tragiqjjes.

Et leurs rochers hautains preste leurs précipices.

Ces aigneaux, eslongnez en ce sauvage lieu,

N'estoient pas esgarez, mais dans le sein de Dieu,

Lors qu'eslevez si haut leurs languissantes veues

Vers leur pais natal furent de loin tendues.

Leurs desseings impuissans, pour n'estre assez légers,

Eurent secours des vents. Ces allez messagers

En apportèrent l'air aux rives de la France.

La mer ne dévora le fruict de leur constance.

Ce n'est en vain que Dieu desploya ses thresors

Des bestes du Brésil aux solitaires bords (i),

Afin qu'il n'y ait cœur ni ame si sauvage

Dont l'oreille il n'ait peu frapper de son langage;

Mais l'œil du Tout-Puissant fut enfin r'amené Aux spectacles d'Europe : il la vit, retourné, A soy-mesme estrangère, à ses bourgeois affreuse, De ses meurtres rouillée et des brasiers fumeuse, -ify^ Son^premier object fut un laboureur caché Treize mois par moitié en un cachot panché, Duquel la voûte estroitte avoit si peu de place Qu'entre ses deux genoux elle ploioit la face Du pauvre condamné. Ce naturel (2) trop fort Attendit treize mois la trop tardive mort.

Venot()), quatre ans lié, fut enfin six sepmaines En deux vaisseaux pointus, continuelles géhennes; Ses deux pieds contremont avoient ployé leurs os ; En si rude posture il trouva du repos.

1. C'est-à-dire aux solitaires bords des bêtes du Brésil. Voy. Hist. univ., t. i, p. 42, 106; et dans Crespin, fol. 599 et suiv., leciiapitre intitulé: L'Esîat de l'Eglise du Brésil, et l'fc/rf., fol. 4i4etsuiv. Voy. encore dans la fî/fc/Zo^/i. /î(5/. delà France, t. 2, p. 238 (numéros 27,816-825), différents écrits et pamphlets contre Villegagnon, qui avoit mené une colonie de calvinistes au Brésil.

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