‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 132 sur 313 · Cet homme de la nature, ce paysan · texte numérisé non relu

Cet homme de la nature, ce paysan

3. «Florent Venot fut six semaines prisonnier dans un engin pointu par le bas que les questionnaires appellent chausse d'hypocras. » {Hist. univ.,l. 1, p. 102. Crespin, fol. i8s verso.)

Les Feux. 17$

On vouloit desrober aux peuples et aux veues Une si claire mort; mais Dieu trouva les grues Et les tesmoins d'Irus (i). Il demandoit à Dieu Qu'au bout de tant de maux il peust au beau milieu Des peuples l'anoncer en monstrant ses merveilles Aux regards aveuglez et aux sourdes oreilles. Non que son cœur vogast aux flots de vanité , Mais, brusiant, il falloit luire à la vérité. L'homme est un cher flambeau : tel flambeau ne s'a- Afin que soubs le muys sa lueur se consume. [lume Le ciel du triomphant fut le dais; le soleil Y presta volontiers les faveurs de son œil. Dieu l'ouït, l'exauça, et sa peine cachée N'eust peu jamais trouver heure mieux recerchée : Il fut la belle entrée et spectacle d'un Roy (2) Ayant Paris entier spectateur de sa foy.

Dieu des plus simples cœurs estofTa ses louanges, Faisant revivre au Ciel ce qui vivoit aux fanges; Il mit des cœurs de rois aux seins des artisans, Et aux cerveaux des rois des esprits de paisans; Il se choisit un Roy d'entre les brebiettes (?); Il frape un Pharaon par les mouches infectes; Il esveilla celui (4) dont les discours si beaux Donnèrent cœur aux cœurs des quatorze de Meaux (S), Qui (en voiant passer la charrette enchaînée En qui la saincte trouppe à la mort fut menée) Quitta là son mestier, vint les voir, s'enquérir,

1. D'Aubigné a confondu Irus, le mendiant d'Ithaque si maltraité par Ulysse, avec le poète grec Ibycus, dont la mort est racontée dans la 745e épigramme de VAnthologie dite palatine, éd. Jacobs, 181 3, p. 584. On connoît sur ce sujet la belle ballade de Schiller.

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