‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 133 sur 313 · David · texte numérisé non relu

David

4. Un paysan dans la forêt de Livry. {Hist. univ., t. i, p. ICI.)

j. En 1546. Voy. leurs noms dans VHist. univ., ibid. , p. ICI, et Crespin, fol. 170.

lyô Les Tragiques.

Puis, instruict de leur droict, les voulut secourir, Se fit leur compagnon, et en fin il se jette, Pour mourir avec eux, luy-mesme en la charette. [mens C'est Dieu qui point ne laisse au milieu des tour- Ceux qui soufrent pour luy. Les cieux, les elemens, Sont serfz de cettuy-là qui a ouy le langage Du paumier d'Avignon ('), logé dans une cage Suspendue au plus hault de la plus haute tour. La plus vive chaleur du plus chaud et grand jour, Et la nuict de l'hyver la plus froide et cuisante, Luy furent du printemps une haleine plaisante. L'appuy le plus douillet de ses rudes carreaux Estoit le fer trenchant des endurcis barreaux. Mais, quand c'est pour son Dieu que le fidelle endure, Lors le fer s'amolit, ou sa peau vient plus dure. Sur ce corps nud la bise attiedist ses glaçons; Sur sa peau le soleil rafraichist ses rayons; Tesmoin deux ans six mois qu'en chaire si hautaine Ce prescheur effraya ses juges de sa peine. De vers continuels, joyeux, il louoit Dieu; S'il s'amassoit quelqu'un pour le voir en ce lieu. Sa voix forte preschoit : le franc et clair ramage Des pures veritez sortoit de cette cage; Mais sur tout on oyoit ses exhortations Quand l'idolle passoit, en ses prosessions, Soubs les pieds de son throsne, et le peuple prophane Trembloit à cette voix plus qu'à la tramontane (2). Les hommes cauteleux vouloient laisser le tort De l'inique sentence et de l'injuste mort Au ciel, aux vents, aux eaux; que de l'air les injures Servissent de bourreaux; mais du ciel les mains pures Se ployèrent au sein (5), et les trompeurs humains Parfirent le procez, par leurs impures mains,

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