‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 134 sur 313 · C'est-à-dire restèrent oisives · texte numérisé non relu

C'est-à-dire restèrent oisives

Les Feux. 177

Au bout de trente mois, estouffant cette vie Qu'ils voyoient par les cieux trop longuement chérie; Mains que contre le ciel arment les mutinez Quand la faveur du ciel couvre les condamnez. Non pas que Dieu ne puisse accomplir son ouvrage, Mais c'est pour reprocher à ces mutins leur rage.^ Les Lyonnois ainsi résistèrent à Dieu , U> ~„ '■':' Lors que deux frères saincts (') se virent au milieu Des feux estincelans, où le ciel et la terre, Par contraires desseins, se livrèrent la guerre. Un grand feu fut pour eux aux Terreaux préparé; Chacun donna du bois, dont l'amas asserré Sembloit devoir pousser la flam' et la fumée Pour rendre des hauts cieux la grand' voûte allumée. Ce qui fit monstrueux ce monceau de fagots, C'est que deux jacopins, envenimez cagots, Crioyent, vrais escolliers du meurtrier Dominique : « Bruslons mesme le Ciel s'il fait de l'heretique! » Ces deux frères prioient quand, pour rompre leur voix, Le peuple forcenant porta le feu au bois. Le feu léger s'enlève, et bruyant se courrousse Quand contre luy un vent s'eslève et le repousse. Mettant ce mont du feu et sa rage à l'escart. Les frères, achevans leurs prières à part, Demeurent sans ardeur (2). La prière finie. Le peuple envenimé (5) entreprend sur leur vie, Perce de mille coups des fidelles les corps. Les couvre de fagots. Ceux qu'on tenoit pour morts, Quand le feu eut bruslé leurs cables, se levèrent, Et leurs poulmons bruslans, pleins de feu, s'escrièrent Par plusieurs fois : Christ! Christ! et ce mot, bien Dans les costes sans chair, fit le peuple estonné. [sonné Contre ces faicts de Dieu dont les spectateurs vivent Estonnez, non changez, leurs fureurs ils poursuivent.

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